Archive for février 2010

@SI

28 février 2010

L’épisode de vendredi de l’émission @rrêt sur images, présenté par Daniel Schneidermann et Dan Israel, portait sur la poussée du climato-scepticisme dans l’opinion. Les invités étaient Sylvain Cros (Laboratoire de Météorologie Dynamique, université Paris-6), Stéphane Foucart (Le Monde) et moi-même. Le débat a duré environ une heure vingt.

L’émission est réservée aux abonnés d’@rrêt sur images, mais ces quelques minutes de l’émission sont en accès libre :

Plutôt que de donner un avis détaillé, je préfère laisser à chacun le soin de juger sur pièces s’il le souhaite (mais je répondrai aux questions s’il y en a). Trois courtes remarques tout de même : l’exercice n’est pas facile, on ne porte pas le même regard au moment de l’enregistrement et en regardant l’émission, et enfin il est difficile de ne pas avoir l’esprit de l’escalier (« C’est bête, j’aurais dû penser à répliquer que… », « Là, je n’aurais pas dû présenter les choses ainsi… »).

Vos commentaires et/ou critiques sont les bienvenus. NB : merci à tous de faire de ce fil un modèle de cordialité – on nous regarde !… ;)

Question de connaissance

27 février 2010

Dans la chronique du Monde dont Benoît a parlé l’autre jour (édition de dimanche-lundi), deux phrases ont retenu mon attention :

Comment organiser son action en fonction d’une information imparfaite ? et, plus loin, La connaissance du fonctionnement du climat terrestre est-elle parfaite ? Non.

Ce point est particulièrement crucial. D’une part, peut-on obtenir une information parfaite ? Certes non, dans quelque discipline que ce soit, même sans exiger une précision quantique… On peut aussi se demander ce que serait une information parfaite et par contraste, une information imparfaite : dans ce dernier cas, il faut estimer le niveau d’imperfection ou, plus précisément, d’insuffisance de l’information. On peut aussi parler d’information aussi complète que possible en fonction des connaissances et technologies disponibles, considérant que cette information doit couvrir, dans le cas du climat, à la fois les observations du passé et des explications physico-chimiques validées. Je n’ose m’aventurer sur l’information à propos de l’avenir.

Le rapport du GIEC fournit-il une telle information ? Oui, répond Kempf, non, répondent les climato-sceptiques, l’un parce qu’il juge l’information suffisante et les autres justement pour son insuffisance. (more…)

Dernière minute !

26 février 2010

Pachauri et le GIEC mis en cause lors de la réunion de l’UNEP ?

"Environment and Climate ministers meeting in closed session in Bali last night insisted that an independent review should be carried out following the publicising of mistakes in its last report, and a row surrounding Dr Pachauri’s robust response to his critics. If his management is found to be at fault his position could become untenable."

Une enquête pourrait être demandée mais il y a discussion sur les termes de référence…

The Telegraph

Attendez vous à entendre parler de l’Antarctique qui fond ! Un glacier géant (2500 km2) vient de se détacher du glacier Mertz.

The Telegraph

ET n’oubliez pas en haut à droite de la page d’accueil, la page "Glané dans les actualités !".

« Le Mythe climatique » est paru

25 février 2010

couverture du livre

Un tel billet pourrait se réduire à son titre, mais ce serait contraire à l’usage. Pour lui donner du corps, voici quelques compléments. Les références exactes de l’ouvrage sont :

Benoît Rittaud

Le Mythe Climatique

Éditions du Seuil (2010), Collection « Science ouverte ».

204 pages, 17 €.

ISBN : 2021011321

La quatrième de couverture dit ceci :

L’apparent consensus sur la responsabilité de l’humanité dans l’évolution du climat est en train de s’effriter. Cet ouvrage présente un point de vue sceptique sur la thèse « carbocentriste » selon laquelle le réchauffement global récent aurait pour cause les émissions humaines de gaz carbonique. Ciblant sa critique sur quelques points-clés, il expose en termes simples et accessibles les faiblesses, notamment statistiques, de certains arguments longtemps considérés comme décisifs : reconstitution de l’histoire de la température globale, analyse des carottes glaciaires, fiabilité des modèles climatiques…

Derrière ces déficiences particulières se profile une question épistémologique plus profonde, touchant à la nature même des théories carbocentristes. En liant la thèse actuelle sur le climat à d’autres épisodes de l’histoire des sciences, l’auteur avance que nous avons affaire ici à un nouveau cas de « science pathologique ». Il attire enfin l’attention, toujours du point de vue scientifique, sur le pernicieux glissement observé aujourd’hui dans certains discours qui tentent de faire passer notre planète du statut d’objet à celui de sujet.

L’importance des enjeux politiques, économiques et sociaux du débat sur le climat demande que l’on accorde une attention particulière à ces analyses.

Benoît Rittaud, mathématicien, est maître de conférences à l’université Paris-13. Il est l’auteur de nombreux ouvrages de mathématiques à destination d’un large public.

Enfin, en exclusivité pour les lecteurs de ce blog, et dans la lignée des éditoriaux post-Copenhague proposés ici, une note de lecture à laquelle il faut peut-être s’attendre…

Décidément, le négationnisme climatique fait vendre. Alors que les scientifiques du monde entier sont unanimes à souligner l’urgence et la gravité de la crise climatique, c’est à nouveau un amateur du domaine, mathématicien cette fois (à quand un spéléologue ?), qui prétend nous expliquer que tout le monde se trompe et que lui seul a raison. Les recettes sont les mêmes que celles des révisionnistes de tout poil : insinuations de toutes sortes, propos démagogiques, arguments faciles à comprendre mais faux… de quoi offrir à son auteur un peu de notoriété, mais certainement pas de quoi alimenter de façon sérieuse le débat sur la question climatique.

Entretien avec Monique Atlan

24 février 2010

Dans quelle étagère

Aujourd’hui sera diffusé sur France 2 un entretien réalisé par Monique Atlan à propos du livre Le Mythe climatique, dans l’émission « Dans quel éta-gère ». C’est court, certes, mais l’enregistrement (court aussi) fut un vrai plaisir, car l’intervieweuse avait des questions précises et bien ciblées.

L’entretien sera diffusé aujourd’hui sur France 2 à 9h05, puis rediffusé avant le journal de la nuit (vers 23h30) ainsi que demain 25 février au matin à 5h50. On peut le visionner ici (en prenant son mal en patience pendant 30 secondes).

Pour la petite histoire, dans la loge de la maquilleuse, j’ai croisé Élisabeth Badinter, elle aussi invitée à un entretien pour son nouvel ouvrage. Apprenant le sujet de mon livre, elle s’est exclamée : « Si nous n’avions pas tout ce maquillage sur la figure, je vous prendrais dans mes bras ! » J’ai raté le coche, donc.

Un commentaire sur les propos d’Hervé Kempf

23 février 2010

La dernière chronique d’Hervé Kempf publiée dans Le Monde commence ainsi :

En 1938, on pouvait considérer M. Hitler comme un homme respectable. En 1960, on pouvait juger que l’Union soviétique gagnerait la guerre froide. En 2010, on peut analyser le changement climatique comme une invention de scientifiques malhonnêtes. (…) La comparaison est-elle exagérée ? Non.

Passons sans trop nous attarder sur le caractère outrancier **auto-modération** d’un tel rapprochement entre climato-sceptiques et munichois. Notons qu’Anthony Watts a été victime hier d’un rapprochement fait par le Guardian entre sceptiques et industrie du tabac, et que l’on peut lire à la fin de ce billet tout le bien qu’il pense d’un tel rapprochement.

Passons rapidement aussi sur le fait que le ton de cette chronique illustre une nouvelle fois combien les carbocentristes sont à l’agonie, contraints qu’ils sont de reconnaître le poids de plus en plus grand des sceptiques et réduits qu’ils sont à faire flèche de tout bois pour tenter d’arrêter l’inarrêtable. (more…)

Skyfal : Free s’en lave les mains

22 février 2010

Scoop : après l’avoir longtemps cherché, j’ai finalement retrouvé le pilote de chez Free. Il s’est manifesté en réponse à ce courrier que j’avais envoyé vendredi, après la première « réponse » de l’hébergeur de Skyfal :

Bonjour,

Il me semble que vous n’avez pas compris ma requête. Je ne suis pas le propriétaire du compte, et ne peux donc pas réactiver moi-même Skyfal. Pouvez-vous, s’il vous plaît, relire attentivement mon courrier ? N’hésitez pas à me demander des précisions si quelque chose n’est pas clair.

Cordialement,

Benoît Rittaud.

Ce courrier m’a valu ce matin, enfin, la réponse à ma requête :

Madame, Monsieur ,

C’est donc au titulaire du compte d’effectuer les démarches indiquées.

Nous ne pouvons pas contacter celui-ci à votre place, si c’est votre demande.

Je reste à votre entière disposition pour toute information complémentaire et je vous souhaite une bonne journée.

Cordialement.

Marc, Service Mailer Free

Je pense que « Marc » est un pseudonyme : en réalité, mon correspondant est sûrement Ponce Pilate.

En accord avec Araucan, je vais essayer dans une autre direction aujourd’hui et tiendrai tout le monde informé, dans le respect de la vie privée de Frédéric bien entendu.

La science dans le prétoire

21 février 2010

C’est peut-être à quelque chose d’intéressant que nous allons assister prochainement aux États-Unis. Il y a quelque mois, l’agence de protection de l’environnement américaine (EPA) a décidé de classifier le gaz carbonique dans la catégorie des polluants, s’attribuant du même coup la mission d’en réguler les émissions en vertu d’un arrêt de la Cour Suprême de 2007. Les nouvelles contraintes légales automatiquement crées par cette décision de l’EPA ne font évidemment pas plaisir à tout le monde, si bien que des actions en justice ont été lancées pour la contester. De telles actions émanent notamment de l’État du Texas et de la chambre de commerce américaine, qui prennent un point de vue purement légal en déniant la légitimité de l’EPA dans la régulation du gaz carbonique.

Plus intéressante est la plainte qui vient d’être déposée par les États de Virginie et d’Alabama, qui ont choisi un tout autre angle d’attaque, qui porte, lui, sur la crédibilité du carbocentrisme lui-même. Kenneth Cuccinelli, l’attorney general de Virginie à l’origine de la plainte, invoque notamment le Climategate pour affirmer que les conclusions du GIEC sont suffisamment douteuses pour qu’on ne puisse asseoir dessus toute une politique publique.

Si l’action va à son terme, alors nous aurons un nouveau cas où la justice aura à se pencher sur une théorie scientifique. L’on se souvient que, il y a deux ans, l’Ofcom (l’office britannique de régulation des télécommunications, l’équivalent du CSA français) avait dû juger de la qualité du documentaire climato-sceptique de Martin Durkin, The Great Global Warming Swindle (voir glossaire), et que sa conclusion, favorable au documentaire s’était fondée sur la loi et non sur la science. (Voir aussi, en France, l’affaire de la contribution carbone retoquée par le Conseil Constitutionnel.) (more…)

Skyfal : y a-t-il un pilote chez Free ?

19 février 2010

Mise à jour : la suite ici

Free commence à me chauffer les oreilles.

En-dehors de la situation personnelle de Frédéric, les principales questions concernant Skyfal sont : la fermeture du site est-elle définitive et, si oui, comment en récupérer les archives. Ça paraît assez simple, comme questions. Eh bien pour le service technique de l’hébergeur, Free, c’est très compliqué.

Le 3 février, en accord avec Araucan, j’ai envoyé un courrier postal au service réclamations de Free (voir plus loin). Postal, non électronique, car je n’avais pas trouvé sur le site de Free comment faire pour envoyer un courriel.

Sans réponse depuis deux semaines, je me suis décidé hier à appeler le service technique. C’est là que les ennuis ont commencé : il m’a été impossible de faire comprendre à mon interlocuteur que je n’étais pas l’administrateur de Skyfal, que je savais déjà quel était le problème à l’origine du blocage du site, que non je ne suis pas moi-même abonné à Free (ce n’est pas pour demain, croyez-moi), que non je ne souhaitais pas obtenir d’information confidentielle, et que tout ce que je voulais, c’était une réponse à mon courrier. Au bout d’un bon quart d’heure de cette conversation facturée 34 centimes la minute, il m’a fallu renoncer à me faire comprendre, ou même à être redirigé vers le service qui a dû recevoir mon courrier du 3 février. (more…)

Une ancienne boule bientôt hors de l’urne ?

18 février 2010

Dans un précédent billet, j’ai proposé de comparer l’évolution de la théorie carbocentriste à une urne dans laquelle sont mises de plus en plus de boules (les arguments), mais de laquelle chacune de ces boules finit par sortir. À la fin, donc, en vertu d’un petit raisonnement, il ne reste plus rien dans l’urne, bien que le nombre de boules dans l’urne augmente à chaque instant. Le point central du raisonnement est que ce sont les boules les plus anciennes qui sont enlevées les unes après les autres (faute de quoi l’urne ne finit pas vide – et donc la théorie garde des arguments). À ce billet, qui en passant a permis d’initier une intéressante discussion avec JD (que je remercie donc pour sa contribution), vient de faire écho cette interview de Phil Jones publiée par Nature (relevée par WUWT). (more…)


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