Scoop : les éditoriaux qui nous attendent après l’échec de Copenhague

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Maintenant (samedi 19 décembre, 00h15) que la conférence de Copenhague est terminée et que son échec est patent, voici quelques uns des éditoriaux à paraître, peut-être, dans les prochaines heures…

L’éditorial du docteur Coué :

Copenhague : un goût amer, mais des ambitions intactes

Bien sûr, la déception est là au lendemain d’une conférence à l’issue de laquelle les pays riches ont une nouvelle foi démontré que leur portefeuille compte davantage que la planète et l’avenir de nos enfants. Faut-il pourtant s’abandonner au pessimisme ? Loin de là. En réalité, l’issue immédiate de Copenhague n’est une surprise pour aucun observateur bien informé, car plusieurs facteurs conjoncturels étaient venus gâcher la fête. En particulier, Barack Obama, empêtré par l’action délétère des lobbys pétroliers et de son opposition néo-conservatrice, a dû temporairement revoir ses ambitions à la baisse pour la cause climatique dans son propre pays. Les hasards du calendrier électoral n’ont pas joué en faveur de Copenhague, mais le charisme du président américain, nouveau prix Nobel de la paix, reste intacte et, une fois ces élections passées, nul doute que le pays historiquement le plus pollueur de la planète saura prendre ses responsabilités, sous l’autorité d’un leader à l’honnêteté qui tranche avec celle de son prédécesseur honni. Les plaies ouvertes par ce dernier finiront par cicatriser mais, profondes, elles mettront un peu plus de temps que prévu.

D’autre part, tout le monde s’accorde à dire que Copenhague et sa mobilisation citoyenne sans précédent pourrait être un succès après coup, qui ne manquera pas de se renouveler et de peser lourd dans les prochaines réunions, notamment celle de Mexico. La bonne surprise pourrait fort bien venir de là, et les partisans du laisser-faire, les négationnistes climatiques et autres lobbys de l’industrie pétrolière auraient bien tort de se réjouir trop vite.

L’éditorial du docteur Tant Mieux :

Copenhague est mort ? Vive Copenhague !

James Hansen, l’un des principaux artisans de la prise de conscience de l’urgence climatique, souhaitait l’échec de la conférence de Copenhague. Un succès, expliquait-il, ne pouvait être qu’illusoire, car entaché de compromis. Or si le compromis est une nécessité démocratique, il ne peut être utilisé pour traiter de l’affaire du climat, car on ne négocie pas avec les lois de la physique et de l’effet de serre.

L’échec de Copenhague, c’est d’abord l’échec d’un système à bout de souffle : celui dans lequel l’élite dirigeante est seule habilitée à prendre les décisions. La capitale danoise a été le théâtre de cette grave rupture entre les citoyens et les dirigeants. Comme toujours, ces derniers pensent qu’ils seront toujours vainqueurs : vain espoir qui rappelle l’aveuglement de Louis XVI juste avant la Révolution. En convoquant les Etats Généraux en 1789, le roi pensait asseoir son autorité : il n’a fait qu’accélérer un processus alors déjà irréversible. De même, la conférence de Copenhague n’aura fait que structurer davantage les initiatives citoyennes en faveur d’une action forte pour lutter contre le réchauffement climatique. Incapables de prendre la mesure de l’exigence de l’opinion, les élites dirigeantes sont involontairement en train de passer la main aux défenseurs de l’environnement qui, par des actions directes et résolues, se montrent les plus en phase avec l’attente citoyenne. Cette impulsion nouvelle donnée aux actions des ONG, la prise de conscience écologique toujours plus profonde de l’opinion internationale, montrent que l’écologie, loin de n’intéresser qu’une élite urbaine, fait désormais partie du paysage politique de manière durable. L’exigence de l’opinion va se renforcer encore au gré des manifestations de plus en plus préoccupantes du dérèglement climatique, au point que, bientôt, les décideurs ne pourront plus se dérober. Et les efforts qu’ils devront consentir leur feront regretter le confortable compromis dilatoire qu’ils auraient pu se donner à Copenhague. En ce sens, donc, l’échec de la conférence est en effet une bonne nouvelle.

L’éditorial du Grand Inquisiteur :

Nos enfants nous accuseront

Si la Planète pouvait parler, elle nous condamnerait à mort. Mais elle n’aura pas besoin de le faire : l’humanité vient de tracer elle-même la route de son funeste destin. La courte vue de nos dirigeants, incapables de s’entendre à Copenhague malgré la pression unanime des scientifiques et des ONG, annonce un bien sombre avenir.

Ce matin, lorsque ma petite fille de sept ans est venue me réveiller, j’ai eu la gorge nouée en songeant au monde que nous lui préparons. Un monde fait de famines, de crises, de guerres, de tempêtes et de larmes. Tandis qu’elle s’émerveille devant la neige, le sapin de Noël et les décorations de la maison, aurai-je le cœur de lui dire que, dans quelques années tout au plus, elle ne pourra plus jamais jouer dans la neige, car celle-ci ne tombera plus ? qu’il n’y aura plus d’éclairage pour Noël ? que les sapins auront peut-être disparu ?

Depuis des années, les scientifiques les plus éminents se penchent sur la question du climat. Leur conclusion a été, et est toujours, sans appel : sans un effort à l’échelle mondiale, les températures vont augmenter de 6 degrés, avec le cortège de drames que cela implique. La cupidité des possédants, l’incurie des dirigeants, la complicité des médias, tout cela a contribué à la situation actuelle d’une humanité qui avance résolument vers le gouffre climatique. Il fallait voir ces mines hypocrites, ces Sarkozy, ces Merkel, faussement abattus par l’échec de la conférence de Copenhague, mais en réalité ravis d’être parvenus à vendre l’avenir du monde pour un plat de lentilles, qu’ils se partageront sans tarder avec les autres puissants de ce monde, tous ces affameurs, ces pollueurs et ces parasites de la Planète.

Lorsque nos enfants vivront ce que nous leur préparons, ils se retourneront vers cette tragique conférence de Copenhague. Ils auront le droit de nous demander des comptes. Et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Toute ressemblance avec les vrais éditoriaux à venir sera, bien sûr, la preuve d’un scandaleux plagiat de leur part…

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