Effets de la vapeur d’eau sur le climat. (Première partie)

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Voici un texte resté longtemps non traduit sur le site de Skyfal. Merci à Manu95 pour sa traduction.

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Contrairement à une croyance répandue, l’effet de serre aurait plus à voir avec l’eau dans notre atmosphère que des gaz comme le dioxyde de carbone.

Les variations extrêmes de la météo locale et des saisons conduisent aisément les gens à invoquer l’« effet de serre », et à rejeter la faute sur le dioxyde de carbone. Conjointement à d’autres gaz produits par l’homme, tel que le méthane, le dioxyde de carbone dans l’atmosphère a eu mauvaise presse depuis de nombreuses années et est généralement cité comme la principale cause de l’effet de serre. Ce n’est tout simplement pas correct. Si l’augmentation du dioxyde de carbone peut être la source d’un effet de serre accru, et donc d’un réchauffement climatique, le rôle de la molécule la plus vitale de notre atmosphère – l’eau – est rarement discuté. En effet, l’eau est à peine mentionnée dans les centaines de pages du rapport de 2001 du Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique.

Figure 1

Figure 1

De nombreux aspects de la molécule d’eau en apparence simple concourent à rendre difficile la modélisation de ses effets sur notre climat. Contrairement à la plupart des autres gaz atmosphériques, la distribution de l’eau dans l’atmosphère varie fortement avec le temps, le lieu et l’altitude (figure 1). L’eau est également unique parmi les molécules de l’atmosphère, parce qu’elle change de phase aux températures terrestres. Cela signifie qu’elle peut transférer de l’énergie de sa forme solide (glace) aux pôles à ses formes liquide et gazeuse (vapeur d’eau) dans l’atmosphère. Une fois dans l’atmosphère, l’eau se déplace avec les vents et peut même se diffuser jusqu’à la stratosphère, où elle est responsable de la destruction la couche d’ozone qui protège des ultraviolets.

L’atmosphère joue un rôle crucial dans le bilan radiatif de la Terre car elle absorbe à la fois le rayonnement entrant reçu du Soleil et le rayonnement sortant qui est réfléchi par la surface de la planète. Toutefois, le rayonnement dans chacun de ces processus a des longueurs d’onde très différentes. Le soleil émet à peu près comme un corps noir à une température de 5800 K, qui culmine dans la région optique à une longueur d’onde d’environ 0,6 µm. Le profil du rayonnement réfléchi, en revanche, est beaucoup plus proche d’un corps noir à une température de 275 K, et a un pic de longueurs d’onde beaucoup plus dans l’infrarouge (environ 11 µm). Les processus physiques qui conduisent à l’absorption du rayonnement dans les deux régions sont différents, mais la vapeur d’eau joue un rôle dominant dans les deux.

Équilibrer les comptes

Figure 2

Figure 2

Les physiciens ont modélisé l’atmosphère de la Terre depuis plus d’un siècle, et nous avons acquis une connaissance très détaillée des processus clés qui sont impliqués dans le bilan énergétique global (figure 2). Par exemple, il est maintenant bien établi que la haute atmosphère de la Terre reçoit une quantité d’énergie moyenne provenant du Soleil de 342 W par m2. Cette moyenne est calculée en connaissant la quantité d’énergie qui est émise par le Soleil et l’angle que la Terre sous-tend. Si les rayonnements entrants et sortants ne sont pas égaux alors le bilan total de l’énergie n’est pas équilibré et la température de la planète changera jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre soit établi. L’on peut alors craindre qu’une accumulation de gaz à effet de serre provoque une augmentation de l’absorption du rayonnement infrarouge sortant.

Les mesures par satellite montrent que 235 W/m2 du rayonnement solaire incident est absorbé par la Terre, mais les modèles les plus récents et les mesures indiquent que l’atmosphère est responsable de seulement 67 W/m2 de ce montant. Le reste est absorbé par le sol et les océans, qui jouent un rôle clé dans le bilan énergétique en raison de leur grande capacité thermique et leur capacité à stocker le dioxyde de carbone, et, bien sûr, la vapeur d’eau.

L’effet de serre est précisément la différence entre le rayonnement de grande longueur d’onde qui est émis par la surface de la Terre et le rayonnement thermique montant qui quitte la tropopause – la limite supérieure de la partie turbulente de l’atmosphère que nous habitons tous. L’effet de serre est d’environ 146 W/m2 par ciel clair et de quelque 30 W/m2 supérieur s’il y a une couverture nuageuse.

Il existe un certain nombre d’idées reçues sur l’effet de serre, notamment qu’il s’agit d’une mauvaise chose. Au contraire, l’effet de serre est un facteur important qui rend la Terre habitable. Sans lui, la température moyenne sur Terre serait plus basse d’environ 30 K, ce qui rendrait la plupart de la surface de la planète complètement glacée. En outre, c’est la vapeur d’eau dans les 10 km et quelque les plus bas de l’atmosphère, plutôt que les émissions de dioxyde de carbone d’origine humaine, qui contribue le plus à cet effet de réchauffement.

Figure 3

Figure 3

L’absorption de la lumière par les molécules dans l’atmosphère se fait généralement par deux processus moléculaires de base : transitions « liées-libre »1 et « liées-liéesd ». Les transitions « liées-libres » se produisent dans la partie la plus énergétique du spectre ultraviolet et provoquent la rupture des molécules. Dans les transitions « liées-liées », qui se produisent à des longueurs d’onde plus longues, les molécules sautent d’une certaine combinaison d’états de rotation et de vibration à une autre, ce qui produit une « signature » bien distincte (figure 3). Il est donc très facile de repérer quels absorbeurs atmosphériques interviennent, mais il est beaucoup plus difficile de travailler sur les chiffres réels. Néanmoins, de grandes bases de données qui listent toutes les transitions moléculaires connues et leurs propriétés associées ont été constituées. La plus utilisée est la base de données sur l’absorption moléculaire par transmission à haute résolution, (HITRAN), qui a été développée pendant de nombreuses années par Larry Rothman, désormais au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics à Cambridge aux États-Unis.

Mais lorsque les valeurs d’absorption de la base de données HITRAN sont utilisées dans des calculs de modèle de l’atmosphère, les résultats sont perturbants. Pour un ciel clair, les modèles prédisent que l’atmosphère absorbe nettement moins de lumière solaire que ce qui est mesuré par différents satellites et aéronefs. La différence entre les prédictions et les mesures peut atteindre 30 Wm-2. (Voir « Radiation budget is called to account » par A Maurellis Physics World November 2001 pp22-23). Ce problème est désormais connu comme l’anomalie d’absorption. Et les problèmes sont encore pires dans les modèles d’absorption lorsque le ciel est nuageux.

Tous les modèles ne sous-estiment pas la quantité de l’absorption atmosphérique parce que certains physiciens choisissent d’ajouter une absorption supplémentaire à leurs modèles pour éponger l’excédent de rayonnement. Toutefois, la cause physique du manque d’absorption par ciel clair et sa distribution exacte en longueurs d’onde restent non résolues, et se révèlent être une source de nombreuses hypothèses. La molécule favorite de chacun est une candidate possible.

La nôtre est l’eau. La vapeur d’eau est responsable de 70% de l’absorption connue de la lumière solaire incidente, en particulier dans le domaine infrarouge. En effet, si vous demandez à tout astronome travaillant avec l’infrarouge quelles régions du spectre fournissent les meilleures images, vous obtiendrez une liste de longueurs d’onde où l’eau n’absorbe pas – appelées fenêtres atmosphériques. Après tout, il doit y avoir quelques raisons assez solides pour affronter le climat inhospitalier de l’Antarctique pour y construire le télescope du Pôle Sud, ce que les astronomes américains ont récemment entrepris. Les bandes d’absorption de l’eau sont également présentes dans la bande optique et s’étendent jusqu’à l’ultraviolet, même si elles sont moins fortes aux longueurs d’onde plus courtes.

L’effet précis de ces bandes d’absorption est difficile à déterminer, malgré les grands efforts déployés par de nombreux scientifiques talentueux et dévoués.

(1) http://en.wikipedia.org/wiki/Atomic_spectral_line, http://fr.wikipedia.org/wiki/Spectroscopie_UV-visible,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Spectroscopie_infrarouge

@@@@@@

La suite très bientôt…

(Source)

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37 Réponses to “Effets de la vapeur d’eau sur le climat. (Première partie)”

  1. BLARD Jean-Louis Says:

    On ne peut être que sidéré de constater combien nous sommes manipulés par des gens se réclamant de la science et qui se comportent en « gourous » despotiques.
    Il ya plus de vingt ans, je crois, Haroun Tazzieff qui déclarait déjà que le rôle de la vapeur d’eau était sous estimé et cela devant un auditoire d’écologistes sectaires (pléonasme!) a été littéralement conspué par ceux-ci. Je crois qu’il n’a pas pu terminer son propos.
    Dîtes-moi où se trouve le super marché du scepticisme et du bon sens, certains, voire, beaucoup en sont dépourvus!
    DURAMEN

  2. Alain Says:

    Très intéressant.
    Qui pourrait expliquer comment les carbocentristes voient ces raisonnements?

    J’ai du mal a trouver des références contradictoires d’origine carbocentristes. dommage car on ne peut réellemernt juger d’une théorie que si on entend toutes les critiques et contre-critiques.

  3. SuisPasRCA Says:

    Votre article est intéressant.
    Comment expliquez-vous les nombreux camions qui circulent pour amener de la neige à Vancouver pour les JO ??

  4. Araucan Says:

    @SuisPasRCA,
    Faut-il l’expliquer ?
    Soit le site a été mal choisi, soit il arrive avec une certaine fréquence qu’il n’y ait pas de neige en Colombie britannique début février et que c’est l’année où cela arrive …
    Quant à en retirer une relation de cause à effet au-delà …

  5. Gilles des Landes Says:

    @suispasrca
    et oui, c’est bien là un élément à prendre en compte lorsqu’on parle de moyennes (températures par ex.) ou de climat : la variabilité, les aléas sont la règle du jeu, ce qui rend difficile (impossible?) la modélisation. A contrario, regardez la vague de froid en Europe, en Chine, etc… Il doit être possible d’expliquer le phénomène atypique de chaleur de Vancouver par de l’expertise météorologique, mais il n’est certainement pas possible d’en tirer des enseignements sur le climat (encore moins sur les prédictions climatiques).
    —————-
    Je ne pouvais pas louper l’info suivante :
    http://www.agoravox.fr/actualites/actu-en-bref/article/ben-laden-ecolo-il-declare-la-69050
    Peut être une rumeur… mais on pourrait aussi imaginer une candidature de Ben Laden au GIECC en remplacement de Pachauri (qui se lance dans la littérature érotique). Si les terroristes deviennent écolos, la planète est mal barrée (enfin…, ça continue!…)

  6. MON810 Says:

    Qui pourrait commenter l’article de vulgarisation de Richard Lindzen qu’on peut lire sur : http://www.institutconstant.ch/paper.php?id=70

    Il paraît que Lindzen serait lui même revenu – en admettant s’être trompé – sur son article de 2009 publié avec Choi à propos des données satellite ERBE et qui ont rapport avec le bilan radiatif lié à l’eau. Est-ce exact et si oui sur quoi exactement est-il revenu ?

  7. araucan Says:

    @mon810

    Je mettrai l’article en ligne merci
    Cet article de 2009 est discuté sur le site Climate audit, si je ne me trompe …

  8. Bernard Says:

    En tant que physicien chimiste retraité, je voudrai amener une précision sur ce qu’on nomme effet de serre dont le mécanisme est quoiqu’on n’en dise pas bien connu (se reporter aux travaux de Robert Williams Wood, un physicien contemporain d’Arrhenius, (http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-effet-de-serre-wood.xml)

    Arrhenius (chimiste) a travaillé essentiellement sur les énergies d’activation et sur les constantes de vitesse dans la réaction chimique et le prix Nobel qu’il a obtenu n’est pas en rapport avec l’absorption des infrarouges par le CO2.

    Loin de moi de nier l’apport d’Arrhenius dans la compréhension des cinétiques chimique.
    Cependant on doit se poser la question suivante :

    Une molécule (triatomique) dans son état fondamental (comme le CO2 ou l’eau) est capable de retenir (absorber) des vibrations electro-magnétiques correspondants aux modes de passage dans les états excités de la molécule.Ces vibrations sont du domaine des infrarouges

    La molécule ainsi excitée (chaude) ne va pas rester éternellement dans cet état. Elle va se désexciter suivant des modes qui sont permis par la mécanique quantique en passant par des niveaux d’énergie intermédiaires à l’énergie d’excitation et donc par rayonnements electromagnétiques de plus grande longueur d’ondes que le rayonnement absorbé.

    En fin de compte le rayonnement s’échappe de l’atmosphère !

    Donc en ce qui me concerne, je pense que le rôle des gaz à effet de serre est d’amortir puissamment les variations de température entre zone diurne et nocturne de la terre et de stabiliser l’équilibre thermique de la terre mais pas d’en augmenter le niveau. En quelque sorte ces gaz seraient comme des isolants thermiques passifs modifiants la cinétique de sortie des rayonnements mais pas de maintenir ces rayonnements chauffants à jamais prisonniers de l’atmosphère terrestre.

  9. scaletrans Says:

    Votre article est intéressant en ce qu’il met l’eau dans ses différents états à la place que lui dénie la FARCE. Cependant, le calcul de température sans atmosphère est fermement combattu par G & T; je tiens à disposition le chapitre qui en traite (mise en ligne ?).
    « L’effet de serre est d’environ 146 W/m2 par ciel clair et de quelque 30 W/m2 supérieur s’il y a une couverture nuageuse. »
    Ces chiffres me laissent rêveur, sauf à compter l’albedo pour zéro.

  10. plombier Says:

    Hors sujet ?
    Les Pays-Bas ont demandé des « éclaircissements » sur le rapport de 2007 du GIEC qui place à tort 55% du pays en dessous du niveau de la mer, a annoncé vendredi un porte-parole du ministère néerlandais de l’Environnement.

    Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) « va devoir apporter des explications pour les chiffres qu’ils ont donnés », a déclaré à l’AFP Trimo Vallaart, porte-parole du ministère de l’Environnement, selon lequel le chiffre exact est de 26%.
    Dans leur rapport de 2007, les scientifiques du GIEC sont parvenus au chiffre de 55% en additionnant la part du territoire néerlandais en dessous du niveau de la mer (26%) à la part du pays menacée par le débordement des fleuves et des rivières (29%), a-t-il expliqué.

    « Il aurait fallu mieux préciser », a estimé Trimo Vallaart, soulignant que le Bureau néerlandais du plan pour le cadre de vie, partenaire du GIEC, possédait les chiffres exacts.

    La rectification de l’erreur a été « mise plusieurs fois à l’ordre du jour » mais n’a pas été effectuée, a-t-il dit, regrettant « un non-respect de la procédure ». « Le rôle des politiciens n’est pas de vérifier les chiffres du GIEC », a souligné le porte-parole.

    Le ministère néerlandais de l’Environnement va demander un examen du rapport afin de déterminer s’il contient d’autres erreurs, selon la même source.

  11. MichelLN35 Says:

    Je ne suis pas physicien, encore moins thermodynamicien, certains parmi vous sont assez ferrés dans ces domaines, je voudrais bien savoir si dans le schéma proposé, il n’y a pas un lézard.

    Il me semble que la moyenne de 235W/m2 prétendument renvoyés vers l’espace, proposée par le schéma de bilan radiatif, l’est sous forme d’infrarouges. Cela sous entendrait que les 24W/m2 de conduction convection, les 78W/m2 d’énergie potentielle restitués par la condensation dans les nuages et la totalité de la part de 67W/m2 dite UV/vis absorbée par O2, O3, et surtout H2O « liquide ? » , seraient ré-émis sous forme d’infrarouges.

    Est-ce physiquement possible ?
    N’y a-t-il pas dégradation de l’énergie sous forme d’agitation moléculaire irrécupérable et de chaleur sensible tout simplement, diminuant avec l’altitude ?

    Ces interrogations correspondent-elles à l’assertion de G&T :
    « (e) la supposition d’un bilan radiatif est étrangère à la physique  »

    Le bilan de Kiehl et Trenberth ayant été produit par d’éminents scientifiques du GIEC, je dois faire une erreur quelquepart, pouvez vous m’aider à la découvrir?

    Cordialement

  12. plombier Says:

    @ SuisPasRCA
    Pas de neige a Vancouver , il faudrait préciser que les camions en question vont chercher la neige sur les sommets du site !

    Par contre en Espagne le parc national marécageux « Tablas de Daimiel » (sud de l’Espagne), à sec depuis 2005 en raison de l’irrigation agricole et d’un climat de plus en plus sec, est depuis quelques jours à nouveau sous les eaux grâce à des pluies diluviennes, rapporte dimanche le quotidien El Pais.
    Ce parc protégé par l’Unesco, était considéré comme « mort » il y a encore quelques semaines, la faune et la flore typiques du marais ayant totalement déserté la zone.
    Mais grâce à des trombes d’eau, tombées en quelques jours depuis le début de l’année, on espère maintenant le retour des hérons, des grues et des poules d’eau pour le printemps prochain, rapporte le journal.

    Les eaux recouvrent désormais plus de 1.200 hectares et atteignent un niveau inconnu depuis 1997, contre seulement 67 hectares le 7 janvier.

    Un incendie sous-terrain qui consumait depuis plusieurs mois la tourbe devenue toute sèche, sous la surface du marais, s’est éteint grâce à l’apport massif d’eau, indique encore El Pais.

  13. pecqror Says:

    Il en ont de la chance, il y aura pas de mort contrairement à la chine et en europe de l’est, c’est toujours catastrophique quand les bobos ecolos ne peuvent pas faire de ski.

  14. Manu95 Says:

    J’ai déjà récupéré le texte de l’article et je l’ai remis en forme. Il est au format ODT, que maintenant je peux convertir dans à peu près tous les format courants.

    Je signale à toute fin utile qu’Adobe offre un service de conversion en ligne pour les mal-voyants. On a la choix entre PDF vers HTML 3.2 et PDF vers .txt. Les deux fonctionnent bien mais n’incorporent pas les figures bien entendu.
    http://www.adobe.com/products/acrobat/access_onlinetools.html

  15. araucan Says:

    @bernard

    On trouve cet effet sous le nom de « lapse rate » dans la littérature, en gros le temps pour l’atmosphère de réémettre la chaleur/énergie reçue dans l’atmosphère. Mais la Terre ne rayonne pas que des infra-rouges, car on la voit en vert, bleu, brun, et blanc de l’espace : s’il n’y avait que des infra-rouges, on la verrait … rouge ou noire selon la longueur d’onde (par rapport au visible par les humains) : mais ce serait intéressant de voir une photo de la terre complète dans le rouge et l’infra-rouge … (NB : gamme exploitée par les satellites, par exemple pour la végétation)

  16. Robert Marcouillé Says:

    Je ne suis pas scientifique.
    Je suis étonné que vous donniez caution au calcul qui aboutit à la conclusion que sans atmosphère la température de la terre serait de 30 K inférieure, alors que les thermodynamiciens Gerlich et Tscheuschner ont démontré que ce calcul était erronné, et que le calcul correct aboutit à 140 K inférieure environ.
    Merci pour vos articles qui sont à peu près à ma portée.

  17. Daniel Says:

    Galère en vue

    http://www.meteo-world.com/news/index-2918.php

    L’Est des Etats-Unis se prépare à l’arrivée d’une forte tempête de neige

    « la pire depuis près d’un siècle, baptisée par certains sous le nom de Snowpocalypse « 

  18. araucan Says:

    Sans atmosphère, ce serait sur terre comme sur la lune ! 😉
    Peut être vouliez vous dire sans effet de serre de certains gaz ?

  19. Manu95 Says:

    @araucan

    Lien vers l’article au format ODT envoyé sur Contributions
    https://lemytheclimatique.wordpress.com/contributions/#comment-326

  20. Murps Says:

    J’ignore si le calcul de Gerkich et Tscheuchner est exact, j’ai lu leur papier et malgré mes connaissances solides en physique de base, son niveau était trop élevé pour moi pour que je sois capable de le comprendre avec une simple lecture.

    En revanche, le calcul classique qui donne 30K en moins est facile et classique.
    Il est évidemment faux (on peut rentrer dans le détail…) et permet simplement à des étudiants de licence de physique d’appliquer « à l’arrache » la loi de Stefan-Boltzmann sur le rayonnement du corps noir et d’en extrapoler la température de la terre.

    Par contre le raisonnement scandaleux que j’ai pu lire, même sur le site de l’ENS-Cachan, (un comble compte tenu du niveau de cet établissement…) était le suivant : on trouve 30 K de moins que la vraie valeur, donc l’effet de serre existe et compense cette différence. Circulez, y a rien à voir !

    La question un peu assassine sur cet « effet de serre » consiste à se demander quelle serait la température si l’atmosphère de la terre était constituée EXCLUSIVEMENT de 80 de N2 et 20% de O2 (c’est à dire aucun gaz à effet de serrre).

    On se les gélerait ?

  21. volauvent Says:

    Il existe une théorie qui explique le fonctionnement de l’écosystème climatique sans avoir recours à l’effet de serre, simplement en considérant les échanges par convection dans l’atmosphère.
    (voir pensée unique)
     » Tout ceci est expliqué en détail dans le chapitre 3 du livre de O. G. Sorokhtin, G. V. Chilingar et L. F. Khylyuk, qui est paru en 2007 aux éditions Elsevier « Developments in Earth and Envionmental Sciences », sous le titre « Global warming and global cooling -Evolution of climate on earth ». Cette théorie « adiabatique » permet, entre autres, de retrouver, avec une précision étonnante (mieux que 1%), la variation quasi linéaire de la température avec l’altitude, de la troposphère. Cette théorie permet aussi d’expliquer l’effet de conservation de la chaleur terrestre, la nuit, par temps nuageux… sans effet radiatif et que j’évoque ci-dessous, et bien d’autres choses encore comme la température de l’atmosphère sur Vénus.
    La théorie de l’effet de serre adiabatique montre qu’un doublement du taux de CO2 dans l’atmosphère augmenterait la température de 50 à 100 fois moins que la théorie du GIEC. »

  22. Bernard Says:

    Les calculs considérant la terre comme un corps noir ne servent que de base au raisonnement.

    1) la terre à une masse importante avec une capacité calorifique moyenne.
    (Je ne sais pas ou la trouver mais elle existe!). Elle possède aussi une conductivité thermique moyenne comme tous les matériaux ainsi qu’un flux de diffusion moyen du rayonnement infra rouge.

    2) la terre tourne sur elle même et elle ne présente jamais la même face au soleil.

    On peut appliquer la formule du corps noir sur la face éclairée par le soleil et sur la face dans la nuit et on trouvera des températures très différentes pour chacune des faces.

    La terre tourne ce qui veut dire que l’accumulation de calories sur la face éclairée se déchargera quand cette face sera dans l’ombre .Mais avec une certaine vitesse. Si en 12h elle n’est pas déchargée de ses calories alors elle retrouve le soleil et s’échauffera à nouveau!

    En résumé il faut connaître la constante de temps (charge / décharge) de l’ensemble de la terre et la comparer à 12 heures. Cette constante de temps doit dépendre des GES. Elle est probablement très grande devant 12h.

    Du fait de la rotation terrestre la température subira une oscillation périodique de la température moyenne à un niveau qui dépend de la composition de la terre avec ou sans GES.
    Mais pour cela il faut les données dont j’ai parlé au dessus.

    Là encore je pense qu’il faut avoir des observations et des données sur l’ensemble des zones géographiques du globe, d’intégrer ces données sur l’ensemble du globe avant de faire des calculs.

  23. Briscard Says:

    J’aimerais que l’on m’explique un chose:
    Dans son livre, Vincent Courtillot nous explique que le centre de la terre est très chaud et siège de réactions qui produisent de la chaleur et que l’évacuation de cette chaleur est la source de la convection du magma qui évacue sa chaleur par ce moyen. Cette chaleur doit donc bien arriver jusqu’à la surface.
    Dans les calculs de température théorique du globe en surface en l’absence d’atmosphère (ou plus exactement, comme le dit Murps une atmosphère sans gaz à effet de serre) on ne tient jamais compte de cette chaleur.
    Est-elle négligeable dans le bilan global ou est-il trop difficile de l’intégrer dans les modèles (dont je pense qu’ils simplifient abusivement pas mal de choses) ?

  24. araucan Says:

    Vous auriez la source SVP ?

  25. pecqror Says:

    Daniel, quand une vague qui concerne 3 continents, qui fait des milliards euros de dégâts et qui tue des centaines de personnes, c’est de la météo. Quand il manque de la neige à vancouver, c’est le réchauffement climatique.

  26. Manu95 Says:

    Cet articles a fait les une des journaux en ligne le 05/01/2010
    http://www.rnw.nl/nl/nederlands/article/ipcc-zwaar-weer
    http://www.rnw.nl/english/article/sea-level-blunder-enrages-dutch-minister
    L’article en français, en provenance d’AFP, est repris sur un tas de sites (cfr Google : plus de 150 résultats hier 20 heures)
    http://www.france24.com/fr/20100205-pays-bas-demandent-claircissements-chiffres-giec

  27. Murps Says:

    Les calculs considérant la terre comme un corps noir ne servent que de base au raisonnement, dites vous.
    C’est précisément ça qui ne va pas. La terre n’est pas un corps noir et par conséquent la loi de stefan-Boltzmann ne s’applique pas.
    Le calcul évoqué utilise cette fameuse formule en « sigma*T^4 » en considérant qu’on peut prendre qu’une fraction du flux émis ou reçu. Mais ça n’est qu’une approximation et ça ne marche que pour une longueur d’onde donnée, pas pour tout le spectre. C’est pourtant ce qui est suggéré par ce site de l’ENS.
    Ceci dit je ne blâme pas ce cours sur le rayonnement qui est fort bien fait et agréable à consulter.
    http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-bilan-radiatif-terre1.xml

    Vous dites également que la terre à une masse importante avec une capacité calorifique moyenne.
    Je ne suis même pas certain que ce soit justifié de parler de capacité calorifique « moyenne », car ce qui importe ici, c’est la surface de la terre, avec ses océans, ses pôles et ses désert : que vaut une moyenne de cela ?

    Je vois bien ce que vous voulez faire avec la « constante de temps » de décharge/charge de la terre avec sa face successivement éclairée puis à l’ombre.
    C’est sûrement une idée intéressante, mais je pense que ça n’est qu’une partie du problème.
    De plus vous partez du principe que cette constante dépend des GES. Vous êtes donc convaincu que les GES ont un effet sur cette constante qu’on ne sait pas bien définir ?
    Et le mécanisme de l’effet de serre est-il si certain ?

    Cordialement,
    Murps

  28. Murps Says:

    Je pense que la terre par sa taille et donc son rapport Surface/Volume très faible se comporte comme un gigantesque thermos.
    Elle doit rayonner très peu par rapport à ce qu’elle reçoit du soleil.

    Ne pas oublier que le mode de transfert de chaleur par rayonnement (lorsque la chaleur « arrive » sur la surface de la croûte par diffusion) est le moins « efficace » des modes de transfert : on « perd » peu de chaleur.
    Qui plus est la température doit être assez basse et donc le flux rayonné est faible.

    Quelqu’un doit pouvoir confirmer mais je parie que la chaleur interne de la terre c’est « peanuts » par rapport au reste du climat.

    Cordialement,
    Murps

  29. Bernard Says:

    Je ne prétends pas détenir la vérité absolue.

    Je dis simplement que considérer la terre comme un corps noir est mieux que rien et je sais très bien que l’on n’a pas dans ce cas le modèle idéal.

    Car si on fait un calcul sur le face éclairée par le soleil on trouvera une température de +30°C et -270°C sur la face non éclairée. (Je ne met pas -273°C car l’espace interplanétaire rayonne à 3°K).

    Je vous laisse calculer la moyenne (si tant est quelle ait une signification).

    Je ne pense pas que le mécanisme réel de l’effet de serre soit bien connu et en particulier je pense que si le CO2 et la vapeur d’eau absorbe le rayonnement infrarouge (le CO2 moins fortement que l’eau), Je m’oppose a croire à une élévation de température par la présence de ces gaz. Robert Williams Wood, un physicien contemporain d’Arrhenius, a réalisé une expérience intéressante à ce sujet. (http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-effet-de-serre-wood.xml)

    La base du modèle utilisé pour l’effet de serre est (à mon avis) à revoir.

    C’est au niveau de la cinétique de « refroidissement » que ces gaz pourraient agir mais pas sur le niveau de la température. (C’est à démontrer).

    En fait il aurait été intéressant dans l’expérience de Wood de connaître le temps nécessaire pour que les deux serres utilisées reviennent à la température ambiante.

    La capacité thermique ainsi que les flux de diffusion sont importants à connaître
    (Pour élever de 1°C un gramme d’air à 0°C il faut environ 4 à 5 fois moins de calories que pour 1 gramme d’eau)

    Mon commentaire n’est pas de justifier le modèle du corps noir pour calculer la température de la terre.
    Je me focalise plutôt sur la « cinétique » où le temps intervient et donc les flux de diffusion (avec le paramètre du temps) prennent de l’importance.

    Je pense d’autre part que la recherche sur le climat souffre du manque d’observations et d’expériences de laboratoire pour valider ou infirmer les théories. Les modèles informatiques utilisés ont les limites de leur programmation et n’ont pas la valeur d’expérience !

    Si vous avez des données de « cinétique » réchauffement / refroidissement de l’atmosphère je suis preneur.

    Cordialement

    Bernard

  30. araucan Says:

    Voilà ce que dit le site du CNRS :
    D’où vient cette énergie ?
    Elle vient pour l’essentiel du Soleil : la quantité d’énergie qui provient de la chaleur interne de la Terre (flux géothermique) ne représente environ que le dix millième de l’énergie solaire. Quand à celle qui vient du reste de l’univers (rayonnement cosmique, lumière des étoiles…) elle est de l’ordre du millionième.
    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/sysfacte/effetserre/index.htm#origenerg

  31. Murps Says:

    Donc le flux géothermique compte pour peanuts.
    Les ordres de grandeurs donnés sont trop différents les uns des autres pour qu’il y ait le moindre doute.

  32. Murps Says:

    D’accord pour les remarques de Wood et pour les gros doutes sur l’effet de serre.
    Nos points de vue sont donc très proche.

    En ce qui concerne le rayonnement du corps noir appliqué à notre bonne vieille terre, je pense qu’il donne un ordre de grandeur raisonnable de la température qu’on doit trouver.
    En revanche, c’est la précision qu’on lui attribue qui me fait tiquer ainsi que le raisonnement, « on trouve pas la bonne valeur, donc il y a l’effet de serre pour réajuster ».
    Par contre en tant qu’exercice d’application pour un étudiant, je ne dis pas.

    D’autre part, je ne connais pas d’études définitives sur ces fameux échanges thermiques de l’atmosphère. J’entends par « définitives », quelque chose qui fasse définitivement autorité, un peu comme Navier-Stokes en « mécaflotte ».
    Pensez en plus que la présence de vapeur d’eau complique singulièrement le problème, à cause de la chaleur latente de vaporisation/condensation de l’eau, sans compter le nivellement barométrique…

    A mon avis c’est inextricable, même « à l’équilibre » : encore une fois on trouvera des ordres de grandeur, mais prétendre se donner des courbes prédictives au dixième de degré… Bof.
    Car c’est bien ce qu’on recherche, n’est-ce-pas ? Prévoir ?

    Cordialement,
    Murps

  33. Bernard Says:

    @Murps

    A propos de votre réponse sur le corps noir.

    Nous sommes d’accord.

    Prévoir est évidement le but mais:
    Il y du travail à faire et la cause est loin d’être entendue!

    Cordialement

    Bernard

  34. Patrick Bousquet de Rouvex Says:

    Il semblerait que cet article déjà ancien soit confirmé par des recherches récentes et que même la vice-présidente du GIEC, Solomon, s’y rende ! :http://www.guardian.co.uk/environment/2010/jan/29/water-vapour-climate-change
    http://network.nationalpost.com/np/blogs/fullcomment/archive/2010/01/29/steve-janke-more-unsettling-science-in-the-global-warming-camp.aspx
    Après l' »effet Tchernobyl » évoqué par l’un d’entre vous un jour pour parler de la hausse des températures en Europe relevée à la fin des années 80 (cf. Courtillot), y aurait-il un effet « industrie du nucléaire » comme cause bien connue de rejets d’énormes (?) quantités de vapeur dans l’atmosphère qui deviendrait ipso facto responsable de l’augmentation des températures de ces années-là ? Mais pourquoi alors celles-ci ne montent plus alors que la technologie n’a pas diminué ses effets ? A creuser…

  35. Araucan Says:

    @PBR, non, l’évaporation et donc la quantité de vapeur dans l’atmosphère, vient des océans, le nucléaire (même par hiver froid !) c’est peanuts …
    C’est la nature ! Pas la peine de remplacer une cause humaine par une autre !

  36. Alain Says:

    sans oublier que les centranes n’émettent des la chaleur et de la vapeur que en proportion de l’énergie qu’ils produisent.
    les centrales a charbons ont elle aussi des refroidisseurs, plus petits parce que la puissance est plus faible, et souvent moins efficace (souvent il se contente de réchauffer les rivières qui ensuite s’évaporent lentement. les tours de refroidissent sont juste des moyens d’économiser de l’eau en l’utilisant mieux).

    en plus l’énergie nucléaire est négligeable en production d’énergie dans le monde.
    avectuellement le grand satant semble plutiot être le charbon qui cumule :
    – être l’énergie la plus meutrière par les mines et les maladies respiratoires (1-charbon; 2-pétrole, 3-hydroelectrique et autres renouvelables,4- nucléaire)
    – être la plus grande source de radioactivité atmosphérique (la terre est radioactive et le charbon c’est de la terre)… pas trop grave en fait car on sais désormais que les faibles doses (<100mSv) sont non toxiques voire bénéfiques
    – être une source de carbone noir qui lui semble être la cause de la conte des glaces (hymalaya au moins, probablement partout )
    – être la source de pluies acides par le soufre rejeté, même si ce SO2 lutte contre les GES

    je parle plus du CO2 parce a coté du reste il semble pas être a l'origine de gros soucis.
    la sensibilité récemment mesuré semble très modeste et ne justifie plus la panique mondiale.
    voir le blog réchauffiste de realclimate qui le dit d'une façon parmi les plus discrète et acceptable…

    la vague de 30cm due au réchauffemebnt va si ca se trouve être divisée par un gros chiffre.

  37. sanovia forum Says:

    energie renouvelable du futur

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