L’urne carbocentriste

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Aujourd’hui, c’est un vieux paradoxe mathématique qui va me servir à illustrer un point problématique dans la façon de raisonner des carbocentristes (merci d’avance à celui qui retrouvera le nom de l’inventeur de ce paradoxe).

Considérons deux urnes, dans lesquelles il y a de la place pour mettre autant de boules qu’on veut. Au départ, la première (blanche) est vide, la seconde (noire) contient une infinité de boules, numérotées 0, 1, 2, 3, etc., jusqu’à l’infini. Nous considérons deux expériences possibles à partir de cette situation initiale.

Expérience A

– Prendre les boules numérotées de 0 à 9 de l’urne noire, pour les mettre toutes dans la blanche.

– Retirer la boule 0 de l’urne blanche (la jeter au loin).

– Prendre les boules numérotées de 10 à 19 de l’urne noire, pour les mettre toutes dans la blanche.

– Retirer la boule 10 de l’urne blanche (la jeter au loin).

– Prendre les boules numérotées de 20 à 29 de l’urne noire, pour les mettre toutes dans la blanche.

– Retirer la boule 20 de l’urne blanche (la jeter au loin).

– Continuer ainsi « à l’infini ».

Expérience B

– Prendre les boules numérotées de 0 à 9 de l’urne noire, pour les mettre toutes dans la blanche.

– Retirer la boule 0 de l’urne blanche (la jeter au loin).

– Prendre les boules numérotées de 10 à 19 de l’urne noire, pour les mettre toutes dans la blanche.

– Retirer la boule 1 de l’urne blanche (la jeter au loin).

– Prendre les boules numérotées de 20 à 29 de l’urne noire, pour les mettre toutes dans la blanche.

– Retirer la boule 2 de l’urne blanche (la jeter au loin).

– Continuer ainsi « à l’infini ».

(Heu… ne devait-on pas parler du climat ? Patience, patience.)

Les deux expériences ont l’air tout à fait similaires : au fil de chacune d’elles, l’urne blanche s’enrichit de dix boules, en perd une, puis en gagne dix nouvelles, puis en perd une autre, et ainsi de suite. La question qui fait naître le paradoxe est la suivante : à la fin de chacune des deux expériences, combien de boules l’urne blanche contient-elle ?

Pour l’expérience A : les boules dont les numéros ne finissent pas par 0 s’accumulent dans l’urne blanche et y restent à jamais. L’urne blanche contient donc, à la fin, une infinité de boules.

Pour l’expérience B : le destin de chaque boule de l’urne noire est d’être d’abord déplacée dans l’urne blanche, d’y rester plus ou moins longtemps, puis d’être jetée. À la fin, donc, aucune des boules ne se trouve plus dans l’urne blanche, qui se retrouve donc nécessairement vide.

Les films des deux expériences montrent des urnes blanches qui contiennent à chaque instant autant de boules l’une que l’autre. Pourtant, « à la fin », l’une est remplie d’une infinité de boules, alors que l’autre n’en a plus aucune. Contre-intuitif, mais imparable. (On rigole bien, avec l’infini, hein ?)

Et le carbocentrisme, dans tout ça ? Représentons-nous l’urne blanche comme rassemblant tous les arguments que ses partisans trouvent en sa faveur. Au fil du temps, à partir d’observations, de modèles ou de théories, ils extraient (de l’urne noire) des éléments qu’ils jugent favorables (les boules) et les intègrent au carbocentrisme (l’urne blanche). Des examens complémentaires montrent alors, parfois, que tel ou tel élément est en réalité incorrect (dans ce cas, ils jettent la boule en question).

Le progrès « normal » (avec de très gros guillemets) d’une théorie scientifique est ici représenté par l’expérience A, qui montre des erreurs occasionnelles mais aussi des points qui demeurent, qui enrichissent la théorie et ne sont pas remis en question. L’évolution du carbocentrisme, quant à elle, me semble plutôt relever de l’expérience B, dans laquelle les arguments d’aujourd’hui seront oubliés demain au profit d’autres, « toujours plus nombreux » certes, mais perpétuellement instables. Crosse de hockey, carottes glaciaires, modèles informatiques des années 80… autant d’éléments déposés dans l’urne carbocentriste et qui ont fini, longtemps après, par être contraints d’en sortir.

Dans cette perspective, une question cruciale est donc, au-delà de savoir quels sont les arguments favorables au carbocentrisme, de déterminer s’il en est qui ont résisté au temps. Il me semble que le principal argument vraiment ancien et décisif pour lequel, contrairement à la crosse de hockey par exemple, les carbocentristes se battent becs et ongles est le mécanisme physique de l’effet de serre induit par le gaz carbonique. La publication en 2009 de l’article de Gerlich et Tscheuschner qui propose une « Réfutation, dans le cadre de la physique, de l’effet de serre du CO2 atmosphérique » (International Journal of Modern Physics B, 23, n°3, 275-364), est donc important non seulement parce qu’il s’attaque à une boule de l’urne carbocentriste, mais surtout parce que cette boule est ancienne, confortant ainsi la ressemblance avec l’expérience B plutôt qu’à l’expérience A.

Et une théorie scientifique dont la valse des éléments suit l’expérience B est une théorie dont le destin est de terminer vide de tout argument. Si rien ne peut s’y fixer, alors il faut convenir que cette théorie ne présente pas d’intérêt réel.

Si, bien sûr, ni l’expérience A ni l’expérience B ne peut être réalisée pour de bon (on ne peut pas aller jusqu’à l’infini !), l’idée générale que ce paradoxe permet d’illustrer est intéressante : l’intérêt d’une théorie ne réside pas seulement dans la quantité d’éléments qui permet de la défendre un jour donné, mais aussi dans leur pérennité. À moins qu’il faille prendre les choses à l’envers, et que ce soit l’évidence de ce dernier point qui soit en réalité un bon moyen de comprendre le paradoxe mathématique montré par nos expériences avec des urnes.

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31 Réponses to “L’urne carbocentriste”

  1. plombier Says:

    La première fois que j’ai lu le mot carbocentristes c’était sur le site de France Nature Environnement début juin 2009 :
    Lors du Grenelle, FNE a souligné les limites d’une fiscalité « carbo-centriste ».

  2. Benoît Rittaud Says:

    De mon côté, ce n’est que très récemment que j’ai découvert que le mot « carbocentrisme » avait déjà été utilisé, et dans un sens différent. Dans cet autre sens, si j’ai bien compris, les « carbo-centristes » seraient coupables de ne voir le « réchauffement climatique d’origine humaine » que sous l’angle du CO2, en ignorant les autres gaz à effet de serre produits par l’Homme. Je ne sais pas ce qu’il advient aujourd’hui de cet autre sens, assez technique.

  3. Marot Says:

    À noter, une inflexion du réchauffisme de Sylvestre Huet de la maison Foucart&Huet ce jour 11 février à propos des glaciers de l’Himalaya.

    La conversion n’est évidemment pas complète mais le bougre commence à douter.

  4. Manu95 Says:

    Avec le lien c’est mieux.
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2010/02/glaciers-de-lhimalaya-le-retour-aux-faits.html

  5. pecqror Says:

    Je préfère le terme « réchauffiste », c’est plus péjoratif, ou idiot car déclarer qu’il y a un réchauffement parce qu’il ne neige pas à vancouver alors la trés grande partie des domaines skiable de monde sont enneigé, on est dans la bêtise, et pas celle de Cambrai.
    http://wattsupwiththat.com/2010/02/11/the-olympic-global-warming-onslaught-is-starting/

  6. Benoît Rittaud Says:

    Ce blog a pour vocation d’échanger des points de vue dans le respect mutuel, voilà pourquoi le terme de réchauffiste n’y est pas bien vu.

  7. Murps Says:

    On s’est bien fait traiter de « négateurs », de « négationniste » et de « chevalier de la terre plate ».
    J’ai eu aussi droit à des « irresponsable envers les générations futures », j’ai été comparé aux « négateur de l’alunissage d’Apollo » et à un cousinage ptoche avec « les amateurs du complot de la CIA du 11 septembre ».
    On m’a également mis dans la même boîte que les créationnistes.

    J’ai aussi eu droit à des noms d’oiseaux, « t’es vraiment un gros con… »

    Alors « réchauffiste », c’est gentil et parfaitement exact.
    Il m’arrivait aussi de les traiter de sectaires, mais ça c’est vrai aussi, même si ça fait pas plaisir.

  8. JG2433 Says:

    De telles attaques ad hominem sont bien sûr inadmissibles.

    À mon fort modeste niveau, j’ai eu droit à des réflexion désobligeantes (je reste poli).

    Beaucoup plus intolérable mais symptomatique des comportements anti-science, le Pr Vincent Courtillot, ne s’est-il pas vu reproché par d’aucuns d’avoir utilisé des données vérolées (très élégante expression !), et accusé de n’avoir aucune compétence en climatologie ?

  9. JG2433 Says:

    Mes excuses (relecture inopérante…) : des réflexions (avec un « s », donc)

  10. scaletrans Says:

    Quand on voit les commentaires, on se dit que la Maison Foucard & Huet (spécialité: les contrevérités habillées d’oripeaux « de référence ») a du souci à se faire !

  11. Yanartus Cheissoux Says:

    Sur France 3 en décembre, dans une émission où l’ambiance était d’ailleurs très significative, Vincent Courtillot s’est fait qualifier de négationniste puis accuser de crime contre l’humanité par une représentante du WWF (un peu avant 11 minutes dans la vidéo visible ci-dessous) :
    http://www.internationalnews.fr/article-le-pr-vincent-courtillot-traite-de-negationniste-lors-d-un-debat-televise-40772620.html
    Il n’a pas répondu violemment, a laissé son interlocutrice balancer ses insultes dans le vide et je trouve ça beaucoup plus dévastateur pour elle.
    Je pense que dans tous ces débats publics (y compris sur le Net où, par définition, on peut être lu par n’importe qui), moins on attaque ses interlocuteurs par des noms ou des épithètes péjoratifs, plus on est crédible. Laissons aux carbocentristes l’exclusivité de ce genre d’attaques !

  12. Laurent Berthod Says:

    Foucart ressort son drapeau réchauffiste à fond aujourd’hui dans Le Monde et l’agite dans tous les sens : http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/12/rechauffement-climatique-faut-il-croire-les-experts_1304785_3244.html#ens_id=1275244
    et
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/12/les-principales-critiques-emises-contre-le-giec_1304798_3244.html#ens_id=1275244

  13. scaletrans Says:

    J’admire le calme de Vincent Courtillot. Personnellement, je ne pourrais pas me contenir, car on affaire à plus que de la bêtise, on a affaire à une profonde malhonnêteté de la part de gens qui emploient des mots aussi « chargés ».

  14. Manu95 Says:

    Vincent Courtillot n’est pas qu’un brillant professeur, c’est aussi quelqu’un qui a l’habitude de défendre ses idées en public, contrairement à beaucoup de scientifiques qui sont perdus dès qu’ils sortent de leurs labos et doivent prendre la parole devant d’autres personnes que des scientifiques.

    N’oubliez pas qu’il est directeur de l’IPGP depuis 2004, et qu’il l’a aussi dirigé pendant trois ans de 1996 à 1999.
    Pendant 8 ans au moins, il a donc exercé une fonction administrative avec toutes les discussions que cela suppose, y compris avec des hommes politiques.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_physique_du_globe_de_Paris

    Débattre en public, cela s’apprend, mais en général pas à l’université. À ce propos, je vous conseille de lire « L’art d’avoir toujours raison » (1830-1831) d’Arthur Schopenhauer, philosophe allemand. Ce texte n’a toujours pas pris une ride.

    Ce texte est disponible en français sur Wikisource :
    http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison
    Pour le texte complet, préférez la version imprimable :
    http://fr.wikisource.org/w/index.php?title=L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison/Texte_entier&printable=yes

  15. Antoine Says:

    Vous oubliez de mentionner que ces deux expériences sont aussi imaginaires l’une que l’autre, et que chacune des deux interprétations est totalement absurde. La raison en est que dans les deux cas, on exhibe deux infinis (l’infini des boules ajoutées et l’infini des boules retirées), et on essaie d’en calculer la différence. Or la différence entre deux infinis positifs, ça n’existe pas, ça n’a aucune valeur (ça ne vaut ni zéro, ni l’infini, ni pi ou quoi que ce soit d’autre).

  16. Benoît Rittaud Says:

    Le caractère imaginaire des expériences est indiqué explicitement au dernier paragraphe.
    D’autre part, dans ces expériences, on n’effectue pas la différence entre deux infinis : on calcule la limite de différences finies, ce qui est très différent.

  17. Antoine Says:

    La différence (boules ajoutées moins boules retirées) est de 9n dans chacune des deux suites. Cette différence tend vers l’infini quand n tend vers l’infini, et non vers zéro. Même dans l’expérience B.

    Donc quand vous dites pour l’expérience B « À la fin, donc, aucune des boules ne se trouve plus dans l’urne blanche, qui se retrouve donc nécessairement vide », c’est que vous êtes passé à l’infini avant de faire la différence. Si vous faites la différence avant de passer à l’infini, la différence tend vers l’infini.

  18. Benoît Rittaud Says:

    Passer à l’infini les différences sert à mettre en relief le paradoxe, mais ce n’est pas un bon raisonnement, précisément parce qu’il aboutit à un paradoxe.
    Dans l’expérience A, l’ensemble des boules de l’urne blanche croît au fil du temps. Dans l’expérience B, ce n’est plus le cas, même si le nombre de boules, lui, augmente. À la fin, dans l’expérience A, les boules de l’urne blanche forment l’ensemble des entiers non divisibles par 10, et il est infini. En revanche, dans l’expérience B, quel que soit le numéro considéré, la boule correspondante ne se trouve pas (ou plutôt : ne se trouve plus) dans l’urne blanche. En d’autres termes, toute boule proposée est hors de l’urne, ce qui indique que l’urne blanche ne contient pas (ou plus) d’élément.
    Moralité : la limite du nombre d’éléments n’est pas toujours égal au nombre d’éléments de la limite.

  19. JD Says:

    Le raisonnement mathématique est bon, mais l’analogie avec la science climatique ne décrit pas la réalité. Du moins pas celle du débat scientifique.

    Comme vous le dites tout les arguments n’ont pas la même valeurs, et si certains points relevés par les « sceptiques » sont parfois justes, ceux qui auraient des implications fortes (s’attaquant aux boules « anciennes » donc) comme l’étude de « Gerlich et Tscheuschner » ne sont pas ignorés par le reste de la communauté scientifique dans une logique de « il y a plein d’autres nombreux arguments de toute manières » mais parce qu’ils jugent (à tort ou à raison, c’est une autre question) que l’étude est fausse.

  20. Benoît Rittaud Says:

    @JD : L’argument de « il y a plein d’autres nombreux arguments de toute manière » est au contraire répété ad nauseam. Par exemple, lorsque la controverse a éclaté sur la méthodologie de la crosse de hockey, l’équipe de Mann a largement utilisé l’argument (dans le registre : mais plein d’autres études montrent la même crosse). Il est vrai, bien sûr, que tous les scientifiques ne se laissent pas aller à cette facilité, mais les cas sont suffisamment nombreux pour qu’on ne puisse plus parler d’exception.

  21. JD Says:

    Oui, enfin l’exemple que vous citez n’est pas dans le même registre…
    Premièrement, l’équipe de Mann conteste toujours sur le plan scientifique le fait que leur étude serait erronée.
    Et qu’ils aient aussi dit que « plein d’autres études montrent la même crosse », cela ne revient pas à détourner le débat sur un autre point. C’est toujours la même « boule » qui est en jeu. Leur phrase a seulement pour but de montrer que d’autres approches, effectuées par d’autres groupes, amènent à des résultats proches des leurs.

    Ce n’est pas donc pas une manœuvre d’évitement, puisqu’ils combattent toujours sur le front en défendant leur approche méthodologique et leurs données, et n’ont pas cherché à dévier le débat sur une autre « preuve » allant dans le sens d’un réchauffement d’origine anthropogénique.

  22. Benoît Rittaud Says:

    Certes, l’équipe de Mann conteste le caractère erroné de MBH. Mais pour ce faire, elle utilise bel et bien l’argument « d’autres études disent pareil » (dont les siennes) – Mann l’a dit explicitement lors de la commission au Congrès sur le sujet en 2006. Cela n’empêche certes pas qu’ils utilisent aussi d’autres arguments – l’analogie des urnes, comme toute analogie, n’a pas pour fonction de tout expliquer, mais seulement d’éclairer un point particulier.
    D’accord aussi pour dire que, dans le cadre du débat climatique, la crosse de hockey est une seule et même boule. Pour que l’exemple de la crosse fasse mieux sens, il convient d’envisager les expériences A et B au niveau de la seule crosse de hockey, et non du carbocentrisme en général. Et là, les boules mises dans l’urne blanche puis ressorties vont des « autres études qui disent pareil » aux données dendroclimatologiques en passant par le caractère « décentré » de l’analyse en composantes principales.

  23. Argus Says:

    @JD
    A propos de l’allusion à l’article de Tscheuschner, il est totalement réducteur et donc erroné d’affirmer que cette étude est « fausse » ou « exacte ». Elle peut être en partie fausse et en partie exacte.

    Ce jugement binaire ne convient pas, pour un article qui fait une étude critique d’un certain nombre (une bonne dizaine) de raisonnements ou d’équations utilisés par les climatologues. Par exemple, je n’ai jamais vu de critique étayée sur la remarque acerbe de G et T sur le calcul de l’irradiance moyenne à partir de la température moyenne qui n’a aucun sens pour un objet hétérogène. D’ailleurs, d’autres chercheurs ont confirmé indépendamment le point de vue de G et T . De même, l’utilisation de la loi de Stefan-Boltzmann pour l’atmosphère est problématique.
    Donc, pas de jugement binaire, SVP. Ce n’est pas aussi simple.

  24. JD Says:

    @Benoit Rittaud

    J’accepte parfaitement ce que vous dites, seulement la différence fondamentale que je vois entre vos expériences de boules et le débat scientifique en climatologie, est que le mécanisme de défense des « réchauffistes » ne consiste pas à dire « vous avez raison sur ce point, mais de toute façon il reste encore toute ces autres évidences…. »

    Ce que je trouvais interessant dans votre post c’est justement que la technique de « l’évitement » est ce que je reproche aux « sceptiques » que je rencontre sur internet. Pour l’exemple de la crosse de Hockey, les attaques concernent presque chaque aspect de l’étude de Mann (les données, la méthode de reconstruction,…).
    Le péché originel en quelque sorte viendrait de ces attaques à l’aveugle qui déstabilise l’adversaire en attaquant sur tout les fronts. Et c’est aussi vrai sur le cas précis de la crosse de Hockey que sur la climatologie en générale (du mécanisme de l’effet de serre à la réalité de l’augmentation du co2 anthropo, en passant par l’homogénéisation des températures,…tout est remis en cause). Le public est noyé la dessous et il leur apparaît alors qu’il suffit qu’une des attaques soit valide pour que le château de cartes tombe, ce qui vu leurs nombres parait très probable…

    De mon point de vue, la technique que vous dénoncez n’est utilisée aujourd’hui que par des non-spécialistes. Et si parfois des climatologues semblent l’employer, ce ne sont en fait que des réactions passagères d’énervements…ce que je comprend un peu en ce moment.

    Les climatologues ne sortent pas les boules de l’urne.

    @Argus

    Oui c’est vrai cet article non peer-reviewed attaque sur beaucoup de points en même temps. Ce qui s’explique parfaitement grâce à ce post d’ailleurs…

    « Falsification Of The Atmospheric CO2 Greenhouse Effects Within The Frame Of Physics »….au vu de leurs conclusions ils peuvent enlever le mot « CO2 » du titre. Un article qui révolutionne la physique.

  25. Argus Says:

    @JD
    l’article de G et T a bien été peer-reviewed et publié. Cet article ne révolutionne pas la physique. Il se contente de rappeler quelques principes de base vus par des enseignants en physique mathématique.

    International Journal of Physics B (article de revue)
    Vol 23, N°3, (2009) 275-364
    World Scientific Publishing Company

    Oui. Je sais. Quand on n’aime pas, on dit que le processus de peer-review n’est plus ce qu’il était…
    ça dépend des articles, bien sûr.

  26. JD Says:

    @Argus

    Ah ok l’article a été publié dans une revue peer-reviewed…désolé j’étais resté sur la première version sortie.
    Cela aura le mérite de conforter les arguments contre le système de peer-reviewing. Qui reste quand même le plus mauvais système à l’exception de tout les autres…
    Mais il faut quand même noter que tout journal ne se vaut pas, et lorsqu’on remet en cause rien de moins que le principe de l’effet de serre atmosphérique….enfin bon.

    Pour rester dans le sujet de ce post, j’ai du mal à saisir la cohérence de ceux qui s’attaque à l’importance de la vapeur d’eau dans le réchauffement et qui soutienne en meme temps cet article de G&T.
    La stratégie des boules, encore et toujours.

  27. Benoît Rittaud Says:

    @JD : Il me semble que vous utilisez l’analogie des boules à mauvais escient lorsque vous l’appliquez aux sceptiques. En effet, il est tout à fait légitime d’attaquer une étude comme celle de Mann (pour en rester à cet exemple) sur plusieurs fronts, pour deux raisons. D’abord, la principale question qui vaille est de savoir si ces attaques sont scientifiquement justifiées (à mon avis, la réponse est clairement oui, mais je suis ouvert à vos arguments contraires si vous en avez). Ensuite, plus profondément, sceptiques et carbocentristes ne sont pas dans une situation symétrique. Ce sont les carbocentristes qui mettent les boules dans l’urne, et les sceptiques qui cherchent à les faire sortir. (Même si les carbocentristes aussi peuvent le faire : j’espère bien que « les climatologues » sortent parfois des boules de leur urne, faute de quoi cela montrerait de leur part une singulière inaptitude à l’autocritique). La loi de la science est dure, mais c’est la loi : c’est celui qui a une théorie qui doit être en mesure de la défendre contre vents et marées, et non l’inverse. Retourner l’argument des boules n’est donc pas légitime, à moins de s’intéresser aux théories alternatives au carbocentrisme (le solarisme, par exemple).

    En passant, sur G&T, c’est un peu vous qui utilisez la stratégie des boules : après avoir dit que G&T n’était pas peer-reviewé, vous dites maintenant que s’il l’a été, c’est sûrement dans un mauvais journal… sans apporter d’argument à cette insinuation d’ailleurs, et en déformant la thèse de G&T en ôtant le mot CO2 de leur titre (remettez-le, et cela vous aidera à comprendre comment concilier G&T avec la vapeur d’eau). Je ne trouve pas cela très beau joueur.

  28. JD Says:

    @Benoît Rittaud

    En effet la situation n’est pas symétrique. Et si pour l’étude de Mann on peut pourquoi pas discuter de « l’attaque sur plusieurs fronts » comme étant valide, je la trouve tout du moins symptomatique car elle reproduit ce qu’on voit de manière général contre la climatologie.

    Et sans renter dans les détails, la diversité des critiques contre la climatologie me pousse de manière purement intuitive à croire qu’il y a beaucoup de déchets dans ces attaques. Une seule raison de rejeter le RCA suffirait. Et je n’ai pas l’impression que les attaques diverses sont dus à des défilements successifs des scientifiques mais à une volonté de jeter le trouble.
    Il faudrait regarder l’historique précis des débats pour en avoir le cœur net.

    Pour G&T, le « non peer-reviewé » était une petite pique de ma part, ce n’était pas voulu comme une preuve de sa médiocrité.
    Pour le journal, je m’étonnes simplement qu’un article aussi révolutionnaire ne soit pas dans Nature ou Science. Complot réchauffiste ?
    Et je dis révolutionnaire car j’avais l’impression qu’ils remettaient en cause complètement le mécanisme des gaz à effet de serre ! (vapeur d’eau comprise donc) ?

    P.S: je ne voudrais pas donner l’impression que je me défile sur l’histoire de Mann, c’est vrai que l’étude des comportements psychologique des 2 camps m’intéresse beaucoup, mais je veux bien discuter Science aussi !

  29. Benoît Rittaud Says:

    Attention à ne pas confondre climatologie et carbocentrisme : c’est contre ce dernier qu’il y a des attaques, et il est tout à fait normal en science qu’il y ait des affrontements de ce genre. Ce qui est anormal, c’est le consensus.

    Difficile de répondre à l’argument de la « pure intuition », même si j’admets tout à fait que les sceptiques se sont aussi parfois trompés, et que bien des attaques sceptiques sont au-dessous de la ceinture (et desservent la cause sceptique, malgré une efficacité médiatique possible qui n’excuse rien).
    Pour l’historique des débats, il y a certains cas exemplaires que vous pouvez regarder, notamment celui de la crosse de hockey (encore…) : les avis des uns et des autres au fil du temps sont sur internet (Climate Audit pour les sceptiques, RealClimate pour les carbocentristes), ainsi que dans le rapport Wegman, l’audition du congrès américain sur la question, et encore dans le rapport de la NAS : largement de quoi se faire un avis (Bishop Hill vient par ailleurs de publier un livre spécialement dédié à cette seule question, que je n’ai pas lu). Il y a d’autres sujets tout aussi débattus de façon technique sur RealClimate et Climate Audit : la série Yamal, le « trick to hide the decline » de Phil Jones, la mesure de la température troposphérique tropicale (Santer et al. contre Douglass et al.), etc.

    « Une seule raison de rejeter le RCA » : il y en a des tas, mais là, on va vraiment trop déborder du sujet, au profit de quelque chose de beaucoup trop vaste pour un simple fil.

    G&T, là, ça devient les boules (sans jeu de mots) : maintenant, vous leur reprochez de ne pas avoir publié dans Nature. Je ne suis pas trop volontaire pour mener l’expérience B jusqu’à son terme… Merci par ailleurs, même s’il n’y avait pas malice de votre part, d’éviter d’attribuer aux sceptiques des points de vue qu’ils ne partagent pas, en tentant de mettre dans leur bouche l’affirmation d’ un « complot réchauffiste ». (En passant, le mot « réchauffiste » lui-même est à éviter, comme il est expliqué dans la présentation du blog.)

  30. Argus Says:

    En passant, on pourrait dire à JD que ni Science, ni Nature ne publieront jamais une article de près de 90 pages…. et surtout pas un article de nature sceptique.
    Ne pas oublier que le précédent éditeur en chef de Science était Donald Kennedy lequel avait pondu, dans son journal un éditorial célèbre intitulé « The Game is Over ». Autrement dit, on ne joue plus.. La science est dite !

    Pour la petite histoire, Donald Kennedy après avoir été viré de Stanford et de Science, fait partie du comité d’enquête sur les activités de Michael Mann, nommé par la Penn University.

  31. yvesdemars Says:

    et sur le process de peer review et les revues rappelons que Jones et al ont annoncé leurs intentions de se débarrasser du directeur de GRL (geophysicall research letter) et que celui-ci est effectivement parti …

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