Le GIEC lance son appel à candidatures

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Parfois, il faut se pincer pour croire ce qu’on lit. Jugez-en plutôt. Une circulaire du 5 février a été adressée par courriel aux membres de la Conférence des Présidents d’Université, indiquant ceci :

Veuillez trouver ci-joint un appel à auteurs et contributions scientifiques pour la rédaction du 5ème rapport du Groupe d’experts International sur l’Evolution du Climat (GIEC), qui doit être publié en 2014.

Une phrase, une erreur : le I de GIEC ne signifie pas « International » mais « Intergouvernemental ». Simple coquille, certes, mais qui en dit long sur le degré de compréhension de certains enjeux, y compris au plus haut niveau. Le caractère « Intergouvernemental » du GIEC est précisément à l’origine de l’un des points de contestation majeurs à son encontre : le fait qu’il soit un organisme politique et non scientifique. D’ailleurs, les membres du GIEC ont la qualité non pas de « scientifiques », mais d’« experts », ce qui est bien plus qu’une simple nuance.

Bref. La circulaire a fait son devoir de circulaire, c’est-à-dire qu’elle a circulé, jusqu’à arriver l’autre jour dans ma boîte aux lettres via un collègue. Celui-ci, moqueur, m’a demandé si je voulais proposer ma candidature.

Pour ceux des lecteurs de ce blog, français ou travaillant en France, qui songeraient à candidater, sachez tout d’abord que vous avez intérêt à vous dépêcher : les dossier sont à déposer au plus tard le 1er mars. L’appel à auteurs a été rédigé le 1er février, mais n’a été diffusé que plusieurs jours plus tard dans les labos, et l’annonce sur le site du ministère du Développement durable ne date que du 11 février. Sachant que le mois de février n’a que 28 jours, j’avoue qu’un délai aussi court me paraît surprenant. On doit toutefois reconnaître au ministère qu’il s’applique à lui-même la même diligence qu’il demande aux postulants :

Un comité français de nomination, dont le rôle sera principalement de vérifier la recevabilité des candidatures, établira la liste d’experts proposés au GIEC par la France pour être auteurs de l’AR5.

Le nombre de nominations n’est pas limité. Le point focal français du GIEC transmettra au Secrétariat du GIEC, à Genève, cette liste de nominations, pour le 15 mars 2010.

Certes, il ne s’agit que d’un premier tri, mais on espère quand même que le comité en question (dont, en passant, on aimerait bien connaître le mode de fonctionnement) aura le souci de faire en sorte que les candidats présentés par la France tiennent effectivement la route. Ce serait la moindre des choses, dans la mesure où il est indiqué plus loin que

Tous les experts nommés par la France mais non choisis […] seront ultérieurement sollicités pour réviser le – ou des parties du – rapport. Ils pourront aussi être Contributing Author, ou participer à des ateliers ou réunion d’experts, ou participer à d’autres consultations ou travaux au cours de la réalisation de l’AR5.

Curieusement, on est ici passé des experts « nominés » aux experts « nommés ». Passons. Le meilleur morceau de cet appel à auteurs me semble celui-ci :

Ce rapport du GIEC, bilan strictement scientifique élaboré en plusieurs années par des centaines d’experts, fait l’objet d’une validation intergouvernementale dans le cadre des Nations-Unies. Les résumés pour décideurs, associés au rapport de synthèse et à chacun des volumes, sont approuvés mot à mot. Ce Rapport est un outil indispensable de la négociation mondiale pour la lutte contre le changement climatique : d’une part il en est le socle politiquement neutre, servant de référence commune à la négociation, et d’autre part il donne les éléments permettant les décisions politiques pour l’adaptation et l’atténuation.

Il contient l’évaluation scientifique de faits, de modélisations, de prévisions ou projections, de scénarios climatiques, techniques, socio-économiques, et il en qualifie les risques et les incertitudes. Il rend compte éventuellement de divergences d’appréciation entre chercheurs – condition qui permet d’aboutir à un texte consensuel.

Ouvrage scientifique, un Rapport du GIEC est toujours perfectible ; il peut contenir des erreurs ponctuelles, qui ne remettent pas en cause ses principales conclusions, ni sa valeur comme évaluation mondiale et consensuelle en tant que telle.

Un tel passage donne le tournis tant il y a à y redire. Le premier paragraphe, classique, situe d’emblée le problème posé par le mélange entre science et politique : depuis quand un rapport « strictement scientifique » a-t-il besoin d’une « validation intergouvernementale » ? Les experts du GIEC seraient-ils donc si incapables de rédiger eux-mêmes un résumé fidèle de leur rapport qu’il se révèle nécessaire que leur copie soit « approuvé[e] mot à mot » par les gouvernements ?

Le deuxième paragraphe, quant à lui, commence par invoquer les « faits ». « Lorsqu’on commence à parler des ‘faits’, il est temps de commencer à chercher la fiction », a pertinemment écrit John Brignell, ajoutant que « la science authentique ne parle pas de faits ; elle parle d’observations, qui peuvent toujours se révéler inexactes, voire non pertinentes. » L’appel à auteurs ne s’embarrasse malheureusement pas de cette prudence.

Ce deuxième paragraphe finit par une phrase dont aussi bien la syntaxe que la sémantique ne manquent pas de sel. Côté syntaxique, la position du « éventuellement » laisse penser que, pour le GIEC, rendre compte de divergences entre « chercheurs » (les « experts » du premier paragraphe sont devenus « chercheurs », c’est comme ça) ne serait finalement rien de plus qu’une option. Pinaillage, certes. Mais vu l’ambiance de ces dernières semaines autour du GIEC, on aurait tout de même pu espérer que les termes seraient un peu mieux pesés. Côté sémantique surtout, la phrase, qui suggère carrément que « les divergences, c’est le consensus », n’est rien de moins qu’orwellienne.

Le dernier paragraphe contient une allusion à peine voilée au glaciergate. Son ton assuré contredit frontalement le discours carbocentriste selon lequel le GIEC tiendrait sérieusement compte des incertitudes : si ce mot, « incertitudes », apparaît certes quelques lignes plus haut, le dernier paragraphe illustre à mon avis clairement que celles que le GIEC est prêt à reconnaître ne sont en réalité que marginales. En clair : dans son esprit, le rapport 2014 du GIEC est déjà écrit. Pour ceux qui en douteraient, signalons que la circulaire contient également une lettre émanant (attention, inspirez bien avant de lire) du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, Direction Générale de l’Énergie et du Climat, Service du climat et de l’efficacité énergétique, Sous direction climat et qualité de l’air, Département de lutte contre l’effet de serre. Cette lettre, donc, contient le passage suivant :

Il est clair, aujourd’hui plus que jamais, que la négociation climatique mondiale et l’action politique pour l’adaptation et l’atténuation ont besoin d’un socle de connaissances scientifiques robuste, précis et consensuel – vers lequel seul le GIEC peut tendre. Avec votre appui et engagement, la communauté scientifique française maintiendra et accentuera sa participation à cet effort collectif planétaire.

Imaginez que la conclusion du groupe de travail I du GIEC (aspect scientifique du système climatique) soit que, finalement, le climat a toujours changé, que nous n’y pouvons rien, que nous ne savons pas prévoir dans quelle sens les choses iront les prochaines décennies et que les effets de tel ou tel « scénario » (terme lourd de sens) sont aujourd’hui imprévisibles. Pour le « Département de lutte contre l’effet de serre », ce serait ballot, hein ? Mais à la lumière aussi bien de son nom que de ce qu’il écrit, je ne pense pas qu’il soit prêt à entendre une telle conclusion…

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36 Réponses to “Le GIEC lance son appel à candidatures”

  1. Bernard Says:

    Il n’a rien à attendre de nouveau dans la démarche proposée! Les lois de la nature sont fixées d’avance et elles doivent obéir à un modèle préconçu!

    On ne doit pas s’attendre à de grands bouleversements dans la manière de faire du GIEC

    Pour moi , je ferai passer l’expérience avant tout modèle même en utilisant de très puissants ordinateurs!

  2. ardeche07 Says:

    Merci pour cette analyse très pertinante.
    Il est clair qu’il vaut mieux être réchauffiste pour postuler, le septique se sentirai rapidement mal à l’aise lol.
    On sait déjà ce qu’il va y avoir dans l’AR5, 4 ans avant sa sortie, c’est quand même fou …

  3. yvesdemars Says:

    pathétiquement sur la lancée initiale …
    ne voulant pas citer 1945 (pour ne pas risquer une censure) je me contenterai de citer napoléon croyant encore gagner à Waterloo au milieu de l’après midi du 18 Juin 1815…

  4. thierry_st_malo Says:

    Si vous voulez bien considérer que Roselyne Bachelot est toujours Ministre de la Santé, je ne vois pas de quoi s’étonner. Le RCA est désormais Religion d’Etat en France, et voilà tout. Quand on nous aura imposé la Taxe Carbone les choses changeront peut-être, mais sûrement pas avant.

  5. JG2433 Says:

    Il se pourrait bien qu’avant longtemps, le CO2 n’étant plus mis susceptible d’être mis en cause dans le RCA, une tout autre raison deviendra – faussement – pertinente… L’inventivité du fiscalisme à la française est inépuisable !

  6. JD Says:

    Il y a certainement des choses à revoir dans le fonctionnement du GIEC. On sent bien que l’organisme est piégé entre la rigueur scientifique et son but qui est avant tout politique. Le principe de précaution fait clairement partie du tableau, pour le pire et pour le meilleur.

    Mais il faut quand même remarquer que la désinformation n’est pas dans le rapport même (ou tout du moins dans la partie 1), mais dans l’exploitation qui en est faite.
    Entre quelqu’un lisant le rapport et un autre regardant le journal du 20h, il y a un monde…
    Et personne ne le lit ce rapport, personne. 1% des participants à Copenhague ? 380ppm dans le reste de la population ? Rien quoi.

    L’information arrive mal aux politiques, qui de toute façon ne veulent pas l’entendre. Et si je reproche quelque chose aux scientifiques, c’est d’avoir laissé faire, par intérêt ou fainéantise.

    Le retour de bâton arrive, les mécontents sont là, pleins de rage contre la nouvelle religion liberticide. « La meute » comme dirait l’autre.
    Ne pas perdre une occasion de taper sur les bobos bien pensant, je le conçois fort bien, mais taper aveuglément sur le GIEC…

    Et pourtant, elle chauffe !

  7. douar Says:

    un peu HS mais…très récemment, mon voisin de table s’est avèré être un représentant de l’ADEME, qui n’a pas attendu le dessert pour parler du RCA mais a attaqué dès l’entrée. M’étant déclaré sceptique sur le sujet rapidement, ça a calmé ses ardeurs et refroidit l’atmosphère. Mais il est clair que d’afficher des doutes, c’était directement attaquer son job et son utilité. C’est dommage car à part le côté carbocentriste, il avait des choses intéressantes à dire, en particulier des études sur les rendements énergétiques de différentes productions agricoles en fonction du lieu de producton etc…, et qui n’allaient pas forcément dans le sens du vent.

  8. jean l Says:

    Bien sûr que personne, hormis les spécialistes, n’est prêt à lire un rapport de 1000 pages. Mais cela, les pontes du GIEC pouvaient aisément le prévoir et je suis certain qu’ils l’ont effectivement prévu. Que le grand public, les grands médias, et les politiques ne lisent pas les « détails » du problème, non seulement ils l’ont prévu mais ils comptent bien dessus. Pour qu’il n’y ait pas désinformation de la part du GIEC, il aurait fallu que les résumés destinés aux décideurs, les seules textes qui comptent pour les conséquences économiques et politiques qui seront tirées (et ont été tirées) de ces rapports, reflètent fidèlement les divergeances ou les « nuances » apportées par les relecteurs réellement scientifiques, ce qui n’a jamais jusqu’ici été le cas. Donc, il s’agit bien de volonté de dissimulation et de mensonge par omission, ce qui à mon avis rentre parfaitement dans les techniques habituelles de la désinformation et de la propagande.
    Je ne trouve pas de circonstances atténuantes, à moins de penser que d’avoir les meilleures intentions du monde justifie tous les comportements, ce qui semble être l’argument retenu en dernier lieu par nombre de défenseurs de la théorie du RCA.

  9. Gilles des Landes Says:

    @douar
    les représentants de l’ADEME sont tout à fait dans la démarche RCA, ce sont peut-être les pires en France! D’autant plus qu’ils font la promotion des fameuses pompes à chaleur (et autres climatiseurs) dont le bilan écologique (et économique?) est désastreux et induisent de plus un surconsommation électrique à l’heure où l’on est obligés d’avoir recours aux centrales charbon (surtout en été). Bonne logique à la Française!

  10. JG2433 Says:

    « … à moins de penser que d’avoir les meilleures intentions du monde justifie tous les comportements… »

    Malheureusement, c’est pourtant cette justification qui a été effectivement mise en avant, par certaines élites intellectuelles, en France et ailleurs, au sujet des crimes commis par les régimes communistes, alors qu’ils ne pouvaient pas être plus longtemps niés.

    En rappelant cela, je ne veux évidemment pas faire d’amalgame, ni comparer ce qui n’est pas comparable dans les tenants et les aboutissants…

  11. araucan Says:

    Voici le lien sur la page du ministère du Changement climatique

    http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=13873#3

    on y apprend aussi que l’on peut se faire nommer par une ONG…

    On y trouve aussi les principes du GIEC

    http://www.ipcc.ch/pdf/ipcc-principles/ipcc-principles.pdf

    @JD, effectivement personne n’a lu le rapport (ou très peu) mais c’est la fonction de ce genre de rapport « intergouvernemental », faire référence de façon à réduire les éventuels opposants au silence. De toute façon relire ce genre de rapport est un travail de romain, de plus assez couteux puisqu’il suppose d’avoir accès à toutes les publications référencées et … aux autres afin de voir où sont les manques !
    Comme clairement, le rôle du GIEC est d’arriver à un consensus, c’est ce qu’il fait : pour cela plusieurs moyens, 1) ne rapporter que ce qui fait effectivement consensus,
    2) rapporter ce qui fait consensus et ce qui fait débat
    3) par un effet de club, faire que tous aient un intérêt à afficher ce consensus.

    Pour les gouvernements, le consensus est opératoire, il permet de s’appuyer dessus pour bâtir des conventions ou des actions au niveau international : comme le climat apparaissait comme l’enjeu susceptible de réunir tous les pays, ils ont foncé.

    Le rapport du GIEC a (au moins) deux gros défauts de base : le groupe 2 et le groupe 3.
    Le groupe 2 traite des impacts de l’adaptation et de la vulnérabilité, donc de la prévision ou de la prédiction, le groupe 3 de l’atténuation du CC (donc de la lutte contre les GES). Ces deux chapitres entiers dépendent de l’hypothèse : plus de CO2+GES = plus de réchauffement. Ce sont les deux chapitres les plus fragiles par construction et ce sont les deux qui débouchent sur des actions à entreprendre, donc sur du politique : c’est le travail de la Convention Climat ou des gouvernements, pas d’un groupe d’experts (là c’est plus difficile de parler de scientifiques, parce qu’à partir du moment où vous êtes dans l’hypothèse, il n’y a plus que des « dires d’experts » .
    Le groupe 1 a d’autres défauts, dont un central qui fait du CO2+GES, le moteur quasi exclusif du réchauffement de ces 25 dernières années, ce qui reste la question centrale sans quoi rien de tout cela ne serait sorti.

  12. Greg Says:

    C’est bon !!! on a trouvé d’où vient le rechauffement climatique

    Le réchauffement climatique est une conséquence directe du déclin de la population de pirates comme le prouve un graphique montrant la corrélation inverse entre la population de pirates et la température moyenne sur Terre.

    C’est un des dogmes religieux du Pastafarisme c’est au moins aussi « sérieux » qu’un rapport WWF non ?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pastafarisme

  13. plombier Says:

    Source AFP
    Le Néerlandais Yvo de Boer, plus haut responsable de l’ONU chargé du climat, a présenté sa démission et quittera son poste le 1er juillet 2010 pour rejoindre le secteur privé, a annoncé jeudi son secrétariat.

    M. de Boer était, depuis septembre 2006, secrétaire exécutif de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques (UNFCCC), qui rassemble 194 pays.

    Cette annonce intervient deux mois après la fin du sommet de Copenhague, considéré comme une déception – voire un échec – par nombre de ses participants.

    M. de Boer rejoindra le groupe de conseil KPMG et travaillera avec plusieurs universités, précise l’UNFCCC dans un communiqué.

    « Cela a été une décision difficile à prendre, mais l’heure est venue pour moi de relever un nouveau défi, en travaillant sur le climat et le développement durable avec le secteur privé et le monde universitaire », explique-t-il dans un communiqué.

  14. Abitbol Says:

    Traduction : ce fonctionnaire néerlandais qui s’est fait un gros carnet d’adresses (c’est un roi du lobbying) à l’ONU, va maintenant faire une fortune dans le privé.
    Ce qui est bien, c’est qu’il ne s’en cache même pas ! Et après on tape sur les traders… Ces derniers n’ont, au moins, pas la prétention de sauver le monde.

  15. araucan Says:

    Sauf que les actions de piratage en mer se sont multipliées ces derniers temps : le climat devrait se refroidir ! 😉

  16. araucan Says:

    Pour de Boer, soit il est en fin de mandat et ne veut pas renouveler, soit on lui a fait comprendre qu’il était préférable de partir vu la réussite de Copenhague (il faut bien un responsable), soit la place est tellement recherchée ou réclamée par certains pays que son renouvellement pour un second mandat n’est plus possible
    d’après Le monde c’est plutôt la seconde qui est la bonne, ce qui n’exclut pas la troisième.
    Les mandats sont de deux ans, renouvelables.
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/18/yvo-de-boer-responsable-de-l-onu-sur-le-climat-annonce-sa-demissionne_1308029_3244.html

  17. plombier Says:

    Dans l’article du monde il n’est pas question de renouvellement de mandat .

  18. Araucan Says:

    @ plombier
    Je sais mais je ne répète pas ce que dit le monde, je cherche des hypothèses plausibles !
    Il y a eu un secrétaire exécutif à la Convention climat qui a duré près de 10 ans… et ce genre de poste est parmi ce que l’on peut obtenir de plus haut dans le système des Nations unies. Nommé en 2006, en fait (erreur de ma part), il devait pouvoir en solliciter un 3ième en 2010 : il devance l’appel parce qu’il a compris qu’il ne l’aurait pas : ce genre de nominations se prépare dans les couloirs longtemps à l’avance.

  19. Sirius Says:

    La conclusion de AR5 (2014) est effectivement tirée d’avance. Elle se résumera en une phrase: « Worse than we thought ». Et elle sera encore une manière de quémander aux états davantage de crédits ($$$) pour continuer la recherche.

    Problème: le paradigme AGW n’est pas fait pour finir un jour parce que tout ce qui arrive dans la nature peut être vu comme sa corroboration.

    Exemples:

    * http://rogerpielkejr.blogspot.com/2010/02/weather-is-not-climate.html

    * http://rogerpielkejr.blogspot.com/2010/02/consistent-with-being-in-deep-fog.html

    * http://omniclimate.wordpress.com/2010/02/16/and-they-wonder-why-they-are-not-taken-seriously/

    En claire: le paradigme AGW n’est pas réfutable empiriquement. Il s’avère donc de plus en plus déraisonnable. En réponse, ses épicycles se multiplient de manière monstrueuse. Chose que l’on a déjà vu en histoire des sciences. Et l’histoire montre une seule chose: vivement une révolution scientifique!

    P.S.: Indication de ce qui pourra être la climatologie du futur : http://omniclimate.wordpress.com/2010/02/18/youve-read-it-here-first-present-day-agw-science-is-a-walking-dead/

  20. araucan Says:

    @sirius
    Ils ne sont pas suicidaires tout de même ! Le filon a marché pendant 15 ans, cela va continuer. On verra tout de même si il y aura un peu plus de retenue et d’ouverture aux hypothèses alternatives …

  21. Myke Says:

    Quelles que soient les raisons de cette « démission », et sauf si YdB s’impose un devoir de réserve scrupuleux (ce qui serait bien étonnant vu son entregent), il devrait y avoir quelques petits réglements de comptes.
    Je me trompe ?

  22. Araucan Says:

    Voici d’autres hypothèses …

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/19/climat-le-depart-d-yvo-de-boer-accroit-la-confusion_1308313_3244.html

    La place est chaude (ou brûlante) ! (Intenable ?)

  23. Araucan Says:

    @myke, d’après le monde, il serait suspect d’avoir cultivé sa réputation (cela ne se fait pas manifestement pour un fonctionnaire des NU) et par ailleurs de ne pas avoir facilité les discussions entre négociateurs opposés (pays développés contre pays en développement et pays émergents) : en bref, il s’est trop fait voir et n’a pas su se trouver un groupe de pays pour le soutenir.
    Mais la tâche était peut-être impossible …
    Mais cela paralyse la Convention Climat pour le moment : cela peut arranger les pays qui veulent utiliser le G20 pour continuer.

  24. williams Says:

    Hier soir sur France 3 il y a eu dans « Ce soir (ou jamais) » => Réchauffement climatique : a t-on exagéré ?

    Pour ce qui ne le savent pas on peut le voir pendant un certain temps sur internet : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=965

    Williams

  25. scaletrans Says:

    Le problème, c’est qu’il faut toujours de nouveaux « plugins »…

  26. volauvent Says:

    J’ai vu la fin de l’émission. La géographe a apporté une contestation très timide. Serge Galam a été très pertinent, mais d’un niveau intellectuel tellement au dessus des autres que son message n’a certainement pas eu la portée qu’on pourrait souhaiter. Comme en plus il en rajoute sur son coté « Tournesol » dans son apparence, les autres n’ont pas eu de mal à le faire passer pour un doux dingue.
    Cela me faisait penser à une nouvelle de HG Wells ou un type se retrouve seul « voyant » dans un monde d’aveugles; au départ il pense qu’il va être le roi, pour se rendre compte ensuite qu’il est marginalisé et son séjour devient un enfer.
    Je reste perplexe tout de même sur l’attitude de Laurence Tubiana et encore plus de Jean Jouzel. Est il possible qu’ils soient à ce point coupés du monde réel? J’ai eu à les côtoyer brièvement, ce sont des personnes respectables. Alors? Lorsque Jean Jouzel a dit que les modèles ont réussi leurs prédictions, est il sincère? Lorsque Laurence Tubiana « défie  » les sceptiques de prouver leurs thèses, a t elle lu la littérature concernée? Ses dossiers sont ils tronqués à ce point par ses collaborateurs?
    Pour moi, c’est un grand mystère sociologique.

  27. ardeche07 Says:

    Moi aussi je me pose des questions sur Jouzel, pense t’il vraiment ce qu’il dit ? lui qui sait mieux que personne les monstrueuses variations climatiques du passé.
    Soit il croit vraiment ce qu’il dit et il y a quelque chose qui m’echappe, soit il a atteind le point de non retour et est condamné a s’enfoncer dans le rechauffisme.
    J’ai bien aimé la dernière phrase de Galam, en réponse à la question prouvez nous que ce n’est pas le CO2, il a dit, on ne peut pas prouver que les fantomes n’existe pas; ce qui veut dire que c’est aux rechauffistes de prouver que c’est le CO2 qui chauffe (ce qui n’est toujours pas prouvé scientifiquement).
    Il faut quand même garder à l’esprit qu’il y a 4 molécules de CO2
    pour 9 996 molécules d’air contre 3 molécules pour 9 997 il y a 100 ans.
    Et ça, ça cause des catastrophes, on nous prend pour des cons c’est tout.

  28. JG2433 Says:

    Je n’ai pas pu voir l’enregistrement vidéo de l’émission au-delà de l’intervention de Mme Martine Tabeaud, qui abordait alors ce qu’elle nommait « dénie de géographie ».
    Arrêt de la diffusion, toujours à ce même moment, malgré plusieurs tentatives de relecture, je ne sais pourquoi. Je n’ai donc pas insisté.

    Néanmoins, je peux dire : Quel aplomb incroyable affiché par Mme Tubiana ainsi que MM. Jouzel et Lalonde !

    Ce genre d’émission (monologues successifs) n’a donc pas d’intérêt, sauf celui de se persuader du biais persistant des médias français par lequel ils (mal)traitent la question du climat.

  29. araucan Says:

    Il suffit de refuser d’utiliser leur système … Pour moi cela a fonctionné.

  30. araucan Says:

    @JG433 , mêmes problèmes que vous pour voir l’ensemble de l’émission
    + @volauvent,
    Sur le fait de demander aux sceptiques de prouver leurs thèses, c’est de la rhétorique et non un argument : donnez aux hypothèses alternatives les mêmes moyens de recherche et 20 ans devant eux et l’on verra aussi un corpus intéressant se construire. De plus, sur la relation CO2-température, pour le moment, il n’y a pas de mécanisme valable : là est le cœur du problème : une corrélation pendant 25 ans n’est pas une explication. Sinon, l’argument comme quoi les modèles ne se sont pas trompés, n’est pas valable (10 ans de stagnation non anticipés). Enfin, l’argumentation de Lalonde comme quoi de toute façon, ce qui se construit au niveau politique, n’est pas mauvais pour la planète, est très gênante, non du coté du coté de la science mais de la démocratie : est-ce à dire que l’on a le droit de tromper les citoyens sur ce qui fonde une politique ? Si l’on veut fonder une politique d’économie d’énergie (tout à fait légitime), il y a suffisamment d’autres raisons que l’effet théorique du CO2 sur le climat.

  31. Sirius Says:

    S’ils pouvaient lire cette circulaire, tous les philosophes et savants modernes de ce monde, de Francis Bacon et René Descartes jusqu’à Niels Bohr et Richard Feynman, en passant par Louis de Broglie et Albert Einstein, se retourneraient dans leur tombe.

    Question: pourquoi n’y a t-il actuellement personne jeune de leur trempe pour leur succéder?

    Élément de réponse: le suivisme, les subventions ou autrement dit, la facilité.

  32. volauvent Says:

    Araucan:

    Nous sommes bien d’accord; l’objet de mon post n’était pas cela; l’objet de mon post était comment des gens éduqués scientifiquement et en théorie ayant des moyens d’information très supérieurs à la moyenne des citoyens peuvent ignorer (apparemment, sinon ils ne seraient pas suicidaires au point de se réfugier dans une fuite en avant médiatique) ce que deux jours de consultation d’internet révèle clairement?

  33. araucan Says:

    @Volauvent,

    Je ne suis pas sûr que l’intelligence des gens s’exerce toujours avec la même intensité sur tous les sujets … ni même que l’éducation soit toujours une barrière face aux fourvoiements idéologiques, à l’absence de bon sens, ni même à la notion d’honnête homme ou de prudence.

    Dans le débat en question, il y a plus d’intérêt à réfléchir sur ce que disent ceux qui ne sont pas des débatteurs professionnels (Galam, Tabeaud, voire même le sociologue) que ce que disent ceux qui ont poli ds arguments de façons à emporter l’adhésion immédiate du public.
    A la télé, il est toujours plus difficile de faire passer des notions complexes ou nuancées (plutôt longues à exposer et demandant de suivre un raisonnement) que des arguments d’autorité ou des arguties du type (cf L. Tubiana : (de memoire) , si ce n’est pas le CO2, eh bien que les sceptiques nous proposent autre chose … Nb : ce n’est pas aux sceptiques de proposer quelque chose, eux leur problème, c’est de s’assurer que l’hypothèse au coeur du carbocentrisme est valable et fonctionne. Et s’ils sont sceptiques, c’est qu’ils considèrent que cette hypothèse n’est pas établie…).

    Eh oui, je crois bien qu’ils sont coupés du monde réel, très pris par leur préoccupation d’ancrer les résultats du GIEC dans la société actuelle, soit au niveau scientifique, soit au niveau international, politique ou économique, et donc vivant dans un cercle de gens qui pensent la même chose qu’eux (ou les confortant dans cet aspect).

    @Sirius, parce le système actuel de l’organisation de la science en réseau et le mode de financement de la recherche fondamentale ne permet plus une telle indépendance d’esprit : verriez-vous un état financer d’une part un réseau sur une hypothèse A et d’autre part, un réseau sur un hypothèse non-A ?

  34. araucan Says:

    @Volauvent,

    Je voulais ajouter cela aussi 😉

  35. Manu95 Says:

    Cela devrait être plus lisible.

  36. Benoît Rittaud Says:

    Désolé Manu95, une fois encore votre commentaire est passé dans la file des indésirables. Pour le coup, je ne comprends pas pourquoi.

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