Un commentaire sur les propos d’Hervé Kempf

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La dernière chronique d’Hervé Kempf publiée dans Le Monde commence ainsi :

En 1938, on pouvait considérer M. Hitler comme un homme respectable. En 1960, on pouvait juger que l’Union soviétique gagnerait la guerre froide. En 2010, on peut analyser le changement climatique comme une invention de scientifiques malhonnêtes. (…) La comparaison est-elle exagérée ? Non.

Passons sans trop nous attarder sur le caractère outrancier **auto-modération** d’un tel rapprochement entre climato-sceptiques et munichois. Notons qu’Anthony Watts a été victime hier d’un rapprochement fait par le Guardian entre sceptiques et industrie du tabac, et que l’on peut lire à la fin de ce billet tout le bien qu’il pense d’un tel rapprochement.

Passons rapidement aussi sur le fait que le ton de cette chronique illustre une nouvelle fois combien les carbocentristes sont à l’agonie, contraints qu’ils sont de reconnaître le poids de plus en plus grand des sceptiques et réduits qu’ils sont à faire flèche de tout bois pour tenter d’arrêter l’inarrêtable.

Ce qui motive le présent commentaire, c’est le choix du chroniqueur d’utiliser une analogie. Je ne lui reproche pas. Mon propre ouvrage en fait aussi, et il peut s’agir d’un outil intéressant pour réfléchir. Mais il y a une condition indispensable à son bon emploi : reconnaître que l’analogie, même très suggestive, n’est en aucun cas un élément de preuve. C’est une manière d’éveiller l’envie de se poser des questions, voire de suggérer des pistes, toutes choses très utiles lors d’un débat. Mais ce n’est pas une preuve, car des analogies, on peut en faire dans tous les sens. Par exemple, pourquoi ne pas écrire :

En 1938, on pouvait considérer M. Hitler comme un homme respectable. En 1960, on pouvait juger que l’Union soviétique gagnerait la guerre froide. En 2010, on peut analyser le climato-scepticisme comme une invention de scientifiques malhonnêtes. (…) La comparaison est-elle exagérée ? Non.

Il m’a suffit de remplacer « changement climatique » par « climato-scepticisme », et voilà !

Chacun peut vérifier qu’est très facile de retourner de la même manière l’essentiel de cette chronique du Monde, en n’en modifiant que quelques mots. Remplacez ici un « oui » par un « non », là une affirmation par son contraire, et le tour est joué. Je pense qu’un maquettiste facétieux du journal du soir aurait pu, en modifiant moins d’une quinzaine de mots du texte, faire passer Hervé Kempf pour un sceptique. Une telle observation indique, si besoin était, que sa chronique n’est guère plus qu’une collection d’affirmations assénées sans véritable structure argumentative.

Le seul passage de la chronique rétif à ce petit jeu d’échanges de mots est peut-être celui-ci :

Dès que l’on prend conscience de la gravité du problème écologique, une conclusion finit par s’imposer : pour empêcher le désastre, il faut drastiquement transformer un système qui repose sur une croissance continue de la production matérielle. Changer d’habitudes. Bousculer, aussi, nombre de situations acquises.

Ce passage est le seul sur lequel il est difficile d’avoir prise (à part sur les mots « Dès que l’on prend conscience »). Car si les annonces catastrophiques du GIEC étaient fondées, alors la nécessité d’une « transformation drastique » serait en effet facile à défendre. Mais bien sûr, si l’on reconnaît que les prémisses sont fausses (au moins s’agissant du climat), alors aucune conclusion ne peut plus être tirée à partir d’elles.

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39 Réponses to “Un commentaire sur les propos d’Hervé Kempf”

  1. jean l Says:

    Rien à dire de particulier sur cet article commentant un autre article, si ce n’est que , comme à son habitude, Benoît est excellent.
    J’en profite donc pour lui adresser toutes mes félicitations pour ces divers articles que j’ai pu lire sur Skyfall ou ici même. La pertinence scientifique est sans doute normal pour un universitaire scientifique; en revanche, les qualités véritablement littéraires (celles qui donnent envie de lire et de continuer la lecture) ne sont pas si courantes chez les scientifiques. J’apprécie tout particulièrement sa clarté, sa finesse et son sens de la mesure.
    Très bonne continuation, donc.

  2. Fabge02 Says:

    Même Jean Jouzel se démarque de ce genre d’arguments, on l’a vu lors de l’excellent (enfin) débat qui a eu lieu sur France3 l’autre soir.

  3. Araucan Says:

    Chez Tadeï ?

  4. Fabge02 Says:

    Oui. J’aimerais avoir le sentiment des uns et des autres. Il me semble qu’il y a une évolution certaine, même chez les politiques.

  5. volauvent Says:

    Jean Jouzel est quelqu’un de mesuré et de poli; je ne l’ai jamais entendu utiliser ces arguments là. Par contre je suis sidéré que dans l’émission il continue d’affirmer qu’on a la preuve de la validité des thèses du GIECC; le climategate a définitivement enterré l’argument du « réchauffement sans précédent ». Il ne lui reste que le soi-disant refroidissement de la stratosphère, qui ne tient pas 5 minutes lorsqu’on regarde les mesures depuis 1980; il y a bien refroidissement mais absolument pas de corrélation avec le CO2.

  6. araucan Says:

    Cela a été discuté sur un autre fil ici, mais il est évident que les politiques sont très mal à l’aise avec le résultat de Copenhague (qui était annoncé comme l’équivalent du grand soir tout de même) et avec la remise en cause du GIEC notamment aux USA (dont les organismes scientifiques à défaut du gouvernement sont les piliers du discours sur le RCA) et en Angleterre (dont le gouvernement est lui très RCA par contraste).
    D’ailleurs Lalonde, le plus politique de tous dans ce débat avec Tubiana, s’est réfugié dans un discours du type : de toute façon, les actions qui vont être mises en place seront utiles et vont dans le bon sens par rapport aux problèmes globaux de la planète et à l’épuisement des ressources naturelles.

  7. araucan Says:

    @Volauvent,

    J’aime bien l’argument du refroidissement de la stratosphère comme preuve du réchauffement de la basse atmosphère : c’est assez contre intuitif (mais pourquoi pas, en fait …) par contre en quoi est-ce la preuve du RCA ?

  8. Benoît Rittaud Says:

    Merci beaucoup, jean I. Puissé-je me montrer digne de votre estime.

  9. williams Says:

    Cette these que le refroidissement de la stratosphère est une preuve du réchauffement de la basse atmosphère n’est pas prouvé scientifiquement. De plus la temperature de la stratosphere a baissé de 1°C et non de 0.50°C comme la troposphere. Puis cela a commencait en 1984 et non 1976 soit 8 apres la rtoposphere et non en meme temps ce qui n’a pas de sens car lors des eruptions volcaniques où là il y a un lien de la baisse de la temperature tropospherique et inverse pour la temperature stratosphere tout évolue en meme temps comme ici l’evolution de la temperature de la troposphere et stratosphere est lié.

    Si la temperature stratospherique baisse cela serrait du a la diminution de l’ozone depuis les années 1970-80 comme l’homme a envoyé des CFC dans l’atmosphère qui a commencé à destruire la couche de l’ozone dans la stratosphère qui absorbe l’UV. En effet, si la température baisse dans la stratosphere ceci semble etre a cause de la dimininution de l’absorption des rayons ultraviolets (UV) du Soleil par la couche d’ozone. Car quand les UV sont absorbés ils émettent de l’énergie dans la stratosphère.

    Williams

  10. volauvent Says:

    C’est l’argument qu’utilise Jouzel dans toutes ses interventions mais sans rentrer dans le détail. Je suppose que cela résulte des bilans radiatifs qu’ils font sur une verticale partant de la surface jusqu’en dehors de la stratosphère. Cela me laisse perplexe d’ailleurs de voir des « mesures » de « température » dans un espace si peu dense. Mais bon, ils font cela depuis les années 80 par satellite.
    Mais comme le dit Williams, la physique de la Stratosphère a l’air encore plus compliquée que celle de l’Atmosphère avec l’influence de l’ozone, et on découvre depuis peu qu’il y a aussi des nuages d’eau ou de glace qui pourraient jouer un rôle.
    De toutes façons , lorsqu’on regarde la courbe de températures de la stratosphère mesurée par satellite, c’est très bizarre; elle décroit selon deux paliers qui se situent juste après deux évènements d’éruption volcanique. Il faut donc être vraiment tordu pour y voir une influence du CO2…
    Nous avons déjà discuté de cela sur skyfal; mais comme c’est le seul argument qui reste à Jouzel, cela serait bien que quelqu’un de savant sur le sujet fasse un papier de réfutation.

  11. Murps Says:

    On est encore en pleines spéculations difficilement vérifiables.

    Vous allez peut-être penser que je suis un peu borné, mais même cette histoire de refroidissement/réchauffement de la stratosphère, c’est à dire de température moyennée sur tout le globe me parait sujette à caution.
    Surtout qu’elle est probablement encore moins connue et mesurée que la troposphère même si la température est probablement bien plus homogène.
    On ne peut le faire qu’avec des ballons sondes, des fusées ou des valeurs extrapolées à partir de mesures radiométriques, autant dire de manière beaucoup moins exhaustives que pour la troposphère.

    De plus les valeurs évoquées sont de l’ordre du demi-degré Celsius, autant dire que dalle du point de vue statistique compte tenu des incertitudes et de la pertinence de ses fichues moyennes globales.

    Quant à cette histoire de couche d’ozone, elle me laisse perplexe au même titre que les pluies acides, et je gage qu’on pourrait, en analysant les travaux des « ozonistes », trouver bien des failles et des approximations à l’image des travaux sur le « réchauffement ».
    En clair, bien que ne connaissant pas le dossier de la couche d’ozone, je soupçonne une manipulation semblable à celle du GIEC.
    Le coup de la variation de la température à cause de ce problème d’ozone est encore plus frappante : à partir d’observations peut-être douteuses et à coup sûr interprétées, on tire des conclusions gratuites sur la température…

    Toute cette science me parait bien fragile ; l’histoire jugera et elle ne fera pas de cadeaux.

    Cordialement,
    Murps

  12. JD Says:

    Vous cherchiez un exemple de réussite de la climatologie..et bien le fameux « trou dans la couche d’ozone » qui fut si décrié, à l’image du réchauffement aujourd’hui, en est un.
    20 ans en arrières les « ozonistes » étaient attaqués, maintenant au tour des « réchauffistes ».

    Cette analogie entre ces 2 « affaires » de la climatologie est vraiment intéressante. Il semble d’ailleurs qu’il est difficile d’être « sceptique » sur le réchauffement anthropique aujourd’hui sans être aussi sceptique sur le sujet de l’ozone, si on en croit les avis postées ici.

  13. dm75 Says:

    H. Tazieff (La Terre va-t-elle s’arrêter de tourner, publié en 1989) avait déjà mis le doigt sur des mécanismes qui sont encore à l’oeuvre aujourd’hui (catastrophisme…). Il était sceptique sur la couche d’ozone et le RCA avec des arguments analogues. Pour l’ozone, il faisait remarquer que les CFC étaient devenus faciles à fabriquer, et qu’il importait donc de les bannir (protocole de Montréal) pour que les grands industriels du domaine retrouvent leur prééminence.
    Son livre n’échappe peut-être pas à la critique, mais l’homme était au moins curieux et plutôt perspicace, avec une appréciation transversale des problèmes.

    On a parlé des pluies acides après l’été 1976 où des arbres avaient dépéri. Puis, le temps passant, on a dit que c’était sans doute vrai là où le charbon était largement utilisé (Europe centrale) mais pas tant en France. Et puis on a convenu que chez nous c’était avant tout la sécheresse de cet été-là qu’il fallait incriminer.

  14. dm75 Says:

    J’ai rédigé ma réponse à Murps avant de voir votre intervention…

  15. the fritz Says:

    L’ argument du refroidissement de la stratosphère ( si l’on fait confiance aux mesures bien entendu) est un vrai argument qui montre que quelque chose a été modifié dans les capacités thermiques des différentes couches atmosphériques ; c’est une avancée énorme des réchauffistes qui d’un déséquilibre TOA suite à l’augmentation de CO2 atmosphérique ( ce qui se traduirait par une augmentation globale de température) se rabatte vers des principes thermodynamiques plus respectables, à savoir une répartition différente de la chaleur au sein de l’atmosphère, mais en respectant le principe de la conservation de l’énergie.
    Pour Williams, je rajoute qu’on ne peut pas simplement comparer la baisse de température dans la stratosphère à l’augmentation dans la troposphère . On a maintes fois insisté sur le fait que la température ne peut pas se moyenner aussi simplement et qu’il faut passer par les capacités thermiques des différentes entités dont on a mesuré la température : comme la stratosphère ne « pèse » pas grand chose par rapport à la troposphère, il faut donc que sa température diminue bien plus en valeur absolue que celle de l’augmentation de la troposphère.
    Après , il faut raffiner , faire peut-être davantage de tranches et tenir compte des autres échanges thermiques du système , océan et cryosphère y compris ; mais on pourrait charger le GIEC bis de faire ce travail, ce qu’aurait d’ailleurs dû faire le GIEC number one
    Ce n’est qu’une petite partie du travail, parce qu’il faudra aussi tenir compte des variations extérieurs qui existent bel et bien (constante solaire et albédo via diverses raisons) et en fin de compte localiser et évaluer la variation des divers gaz à effet de serre et aérosols ……et tout cela en ayant des données de température comparables et non trafficotées

  16. Pierrel Says:

    J’ai eu l’occasion de rencontrer Tazieff au début des années 1990, et il m’avait expliqué que l’histoire de la couche d’ozone ne tenait pas parce que les rayons du soleil eux-mêmes étaient à l’origine de la création de l’O3. Ce qui explique le « trou » au-dessus des pôles à l’issue de la nuit polaire et le fait qu’il se comble en quelques semaines. N’étant pas un scientifique (bien qu’ayant quelques bonnes bases), le phénomène m’échappe un peu. Quelqu’un pourrait-il me le rappeler? Merci d’avance.

  17. MichelLN35 Says:

    A propos du trou d’ozone il me semblait que le problème était résolu de sa variation naturelle et non de l’intervention humaine par les CFC.
    Connaissez vous ce site de la NASA : http://ozonewatch.gsfc.nasa.gov/ ?
    Il présente si je comprend bien l’évolution de la surface depuis 1979 et de la teneur en O3 en unité Dobson. Si je lis bien mais je peux me tromper mais nous sommes dans une période avec peu d’ozone et sur une grande surface (max 2006), ce qui s’accorderait avec l’intensité du rayonnement cosmique, au erreurs demesure près.
    Cordialement

  18. MichelLN35 Says:

    La capacité thermique, certainement, mais la masse intervient aussi dans les transferts de chaleur, il me semble.
    Je ne suis pas physicien mais j’ai trouvé cette formule :
    La quantité de chaleur retenue (absorbée) par un matériau soumis à un flux calorique est donnée par la formule suivante :
    dq = rdv Cp dT = M Cp dT
    r = masse volumique.
    dv = volume.
    Cp = Capacité thermique massique à pression constante, qui dépend de la nature du corps et de sa température T.
    (ou Cv = Capacité thermique massique à volume constant pour les gaz).
    dT = élévation de température subie par le volume.
    N’y a-t-il pas une énorme différence de masse entre troposphère et stratosphère ?

  19. Benoît Rittaud Says:

    Dites-donc, tous, si le sujet de ce fil vous indiffère, vous pourriez p’têt continuer vot’ discussion sur le billet sans sujet.

  20. Murps Says:

    Intéressante discussion… 🙂

    En ce qui concerne les pluies acides, j’ai ce petit film de l’INRA, fort bien fait.
    En gros, c’était du catastrophisme car à présent, si j’ai bien compris, peu de labo ou d’offices forestiers dans le monde s’intéressent encore à ce sujet à présent.
    http://www.inra.fr/audiovisuel/films/environnement/la_foret__1/pluie_acide

    En ce qui concerne les CFC, cela me fait irrésistiblement penser aux DDT et aux ampoules Edison à incandescence : on remplace un produit très efficace, peu coûteux, facile à produire et technologiquement parfaitement maîtrisé, dont les brevets sont dans le domaine public, par un produit cher, plus difficile à produire, pas forcément plus efficace (donc nécessitant des renouvellements plus fréquents…) et bardé de brevets internationaux.

    Et là on se dit que l’intérêt des majors n’est pas forcément là ou les écolos le disent, c’est à dire en gardant les CFC et le DDT ; mais plutôt dans le sens de l’interdiction de ces produits si économiques et sur lesquels la marge est faible.
    Les écolos deviennent alors les idiots utiles.

    Le trou de la couche d’ozone « n’existe pas » à mon avis, enfin pas à cause des CFC ; je prendrai l’occasion un jour de me documenter davantage là-dessus.
    N’oubliez pas qu’on appelle un truc « couche d’ozone », le lieu de la stratosphère contenant 2 à 8 ppm d’ozone, sauf erreur de ma part.
    Autant dire que dalle.

    Michel, votre suggestion sur les capacités thermiques est parfaitement exact, mais il s’agit de considérations très simples (programme de physique/ thermique de première S) qui ne peuvent suffire pour produire des résultats au 1/10 °C près, si tant est que ces valeurs moyennes ont une signification.

  21. Pierrel Says:

    Il me semble, au contraire, que nous sommes en plein dans le sujet. On pourrait par exemple paraphraser Hervé Kempf en disant « En 1975, on croyait que le magazine Time qui titrait sur la prochaine glaciation avait raison. En 1990, on pouvait estimer que les scientifiques et les militants écologistes qui dénonçaient la destruction de la couche d’ozone étaient dans le vrai, etc. »
    Comme vous le remarquez si bien dans votre article, les analogies fonctionnent dans tous les sens. Le tort de Kempf est de confondre les paradigmes politiques d’une époque donnée (et qu’on ne peut juger que dans leur contexte, faute de quoi on tombe dans l’anachronisme) avec les théories scientifiques qui évoluent sans cesse sur un socle en constant changement et qui finissent par être remises en question même quand elles ne sont pas fausses. Ex: « En 1684, personne ne pouvait penser que la Loi découverte par Newton serait considérée comme une simple approximation deux siècles plus tard… »
    Le problème des carbocentristes et du GIEC, cela a souvent été dit, est qu’ils axent tout leur raisonnement sur des hypothèses ridiculement linéaires sans tenir compte de paramètres complexes (magnétisme du soleil, rayons cosmiques, oscillations océniques, et j’en passe) qui rendent pour l’heure impossible toute modélisation. Mais c’est également leur force: leur théorie est directement compréhensible et assimilable par le plus grand nombre: « plus de CO2 = plus d’énergie = plus de chaleur ». Ca tombe sous le sens et pas besoin d’un bac+17 pour le comprendre. Heureusement, le plus grand nombre est difficile à gruger très longtemps: il est prêt à croire à la terre promise mais il s’en va adorer le veau d’or si l’attente s’éternise. Or le réchauffement signifie plus de chaleur et moins de neige… Si l’on entre réellement dans un nouveau minimum de Dalton, la Berezina des carboncentristes est annoncée
    Cordialement

  22. the fritz Says:

    Michel ln35 a dit:N’y a-t-il pas une énorme différence de masse entre troposphère et stratosphère ?
    Le rapport est à peu près de 1 à 5: 4,26x10e18 contre 0,84x10e18

    Le fil peut reprendre

  23. Pierrel Says:

    Oooops. Je viens de me rendre compte que j’ai fait une erreur en tapant mon mail.

  24. JD Says:

    Et H.Tazieff en C.Allègre de l’époque apparemment ? Merci, l’analogie est maintenant parfaite.
    Bien que je respecte beaucoup plus Haroun que Claude….

  25. Bernard Says:

    Juste une petite précision sur les pluies « acides ». L’acidité de ces pluies ne peut en aucun cas être attribuée au CO2 car le pKa de l’acide carbonique est voisin de 6,2- 6,3.

    Donc le CO2 n’est pas un acide fort (on aurait des trous dans l’estomac en buvant du Perrier) pour abaisser le pH des eaux de pluie de manière à mettre en danger la vie

    l’acidité est attribuable au SO2 venant de la combustion d’énergie fossile non désulfuré-contenant de l’H2S- (ce qui normalement doit se faire en raffinerie).

    Ces procédés de désulfuration des hydrocarbures (procédé Claus ) devrait être systématique avant commercialisation. Est-ce le cas?

    En effet le pKa de l’acide sulfureux est de 1,8 ce qui est très acide et ce gaz est très capable d’abaisser le pH des eaux de pluie

    Bernard

  26. pecqror Says:

    « Nous nous inquiétons d’assister, à l’aube du vingt et unième siècle, à l’émergence d’une idéologie irrationnelle qui s’oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social. (…) Nous mettons en garde les autorités responsables du destin de notre planète contre toute décision qui s’appuierait sur des arguments pseudo-scientifiques ou sur des données fausses ou inappropriées. (…) Les plus grands maux qui menacent notre planète sont l’ignorance et l’oppression et non pas la science, la technologie et l’industrie. » Appel d’Heidelberg

    Parmi les 4000 signataires, 72 lauréats du prix Nobel.. Passé totalement inaperçu…

    http://www.sepp.org/policy%20declarations/heidelberg_appeal.html
    Cela date de 1992

  27. pecqror Says:

    Je ne connaissais pas cette courbes!

  28. araucan Says:

    Désolé, Benoit mais je vais en rajouter une couche (d’ozone). La convention de Montréal ( sur la protection de la couche d’ozone) a atteint son objectif premier qui était de réduire les émissions de CFC (si cela a marché, c’est effectivement grâce au tour de passe passe évoqué par Murps mais maintenant cela stagne parce que les pays en développement ont gardé les CFC …). Mais le trou persiste, alors on évoque le rôle du NO2 dans la chimie de l’ozone à ces altitudes (qui est aussi un GES au passage), sans que les mécanismes soient vraiment identifiés. D’un autre coté, il y a une explication sur les variations du trou qui suivraient les variations du soleil ou de rayons cosmiques …. Classique, désormais.
    Cette histoire de la couche d’ozone est intéressante parce qu’il y a un certain parallélisme avec celle de la convention climat. Jusqu’où cela ira-t-il ?

    Et pour revenir sur le fil du blog, quelque part tout est dans le pari fait sur l’avenir, les vainqueurs réécriront l’histoire. Qui aura raison dans 10 ans, 20 ans ? Il y a le choix de sauter aux conclusions ou de travailler sur l’élucidation des mécanismes en cause.

  29. the fritz Says:

    MichelLN35, il y a aussi ce site
    http://exp-studies.tor.ec.gc.ca/f/ozone/Curr_allmap.htm

  30. Murps Says:

    Bernard, on sent chez vous la réaction du chimiste.
    Mais la chimie ne suffit pas dans l’interprétation des phénomènes de sciences de la terre.
    Comment pouvez vous comparer vos dosages industriels de laboratoires parfaitement maîtrisés et isolés d’autres phénomènes avec un mécanisme naturel complexe ?
    Evidemment que le SO2 d’une industrie dissous dans l’eau de pluie va acidifier cette eau pluie par ailleurs elle même acide.
    La question est de savoir si l’ordre de grandeur de cette acidification artificielle a un impact sensible sur le reste de la planète.
    J’ai tendance à penser que non, sauf dans le voisinage immédiat de l’usine, et encore ! Les différentes études ont prouvé que c’est bien sans effet.

    Imaginez qu’on se dise de la même manière : la production de vapeur d’eau par les activités humaine va modifier le climat. C’est facile d’expliquer le phénomène et de l’interpréter : beaucoup d’industries et d’individus chauffent de l’eau et l’évaporent, cette vapeur va dans l’atmosphère et on pourrait se demander si l’ensemble des 6 milliards d’humains et leurs activités modifient le climat avec cette vapeur d’eau.
    La réponse est encore clairement non. Parce que comparée à l’évaporation naturelle (rien que des océans), cette évaporation artificielle est à peine perceptible. Un petit calcul de rien du tout le montrerait.
    Un « simple » cyclone dans les Caraïbes développe la puissance de milliers de bombes atomiques (calcul de l’ordre de grandeur trivial également !).

    Voila l’exemple d’un mécanisme parfaitement maîtrisé du point de vue scientifique mais dont l’interprétation en sciences de la terre est faux car pas du tout quantifié au départ.

  31. Argus Says:

    Il semble que Kempf ait un confrère aux USA :

    http://www.politico.com/news/stories/0210/33371.html

    Les points Godwin volent bas en ce moment…

    C’est la panique ?

  32. araucan Says:

    @Argus
    Il faut croire parce que arriver à ce bas niveau d’arguments, la discussion doit être féroce aux States !

  33. williams Says:

    Ce dont tu veus parler je pense que c’est se que j’explique ici concernant se qui detruit l’ozone au printemps de l’Hemisphere a cause du retour de la lumiere dans le pole : http://la.climatologie.free.fr/stratosphere/stratosphere1.htm#trou

  34. Pierrel Says:

    Oui, je comprends mieux. Merci pour le lien, très utile.

  35. Bernard Says:

    Murps

    C’est vrai que je suis avant tout chimiste avant d’être physicien.

    Je ne dis pas que la chimie explique les phénomènes des sciences de la terre à elle seule!

    Mais comme sa grande sœur, la physique, elle à sa pierre à apporter à l’édifice de la compréhension de ces phénomènes.

    Comme la physique, elle est une science dure qui se nourrit d’expériences ce que la « climatologie » ne pratique pas ( je comprends que ce ne soit pas facile à réaliser). Et c’est bien dommage car alors un utilise des modèles qui peuvent être éloignés de la réalité .

    Mais je cherche,par exemple, à connaitre les phénomènes de dé-excitation du CO2* -l’astérisque signifie excité ou « chaud »- à travers les collisions avec les autres gaz présents dans atmosphère. Quels sont les niveaux de transitions impliqués? quelle longueur d’onde?

    Pour y répondre des expériences peuvent être menées en laboratoire et ainsi nous apprendre plus sur le phénomène qu’on qualifie- à tort ou à raison- « d’effet de serre ».

    Mon commentaire était surtout une parenthèse dans ces discussions.
    J’ai travaillé sur la désulfuration des hydrocarbures et étant plus jeune, j’ai avec Maurice Craft, mis mes pieds dans des volcans et je peux vous assurer que les rejets acides des volcans sont bien plus importants que les rejets humains et là je suis d’accord avec vous.

    Je ne fait en aucun cas de comparaison quand j’affirme les niveaux des pKa! Ce n’est pas une vérité de laboratoire!
    Je connais parfaitement la complexité des interactions de l’environnement!

  36. Murps Says:

    Loin de moi l’idée de dévaloriser vos interventions.
    Je les ai prises comme des suggestions d’un scientifique de formation que vous êtes, et faites pour être discutées, ce que je fais avec plaisir.
    J’abonde dans votre sens en ce qui concerne les incertitudes sur la physique de l’effet de serre.

    Sinon, quel chance vous avez eu de travailler avec les Kraft, quel dommage que leur mort si brutale !
    Mais en ce qui concerne l’impact des volcans sur le climat, je reste sec…

  37. Bernard Says:

    Merci de votre réponse.

    Oui j’ai la nostalgie du temps où je marchais dans les volcans avec Katia et Maurice et je retiens d’eux une simplicité et un grand sens de la pédagogie .

    Maurice me disait qu’il voulait descendre une coulée de lave en radeau de titane et la mort qu’il a trouvée en compagnie de Katia est sans doute le signe de son destin.

    L’influence des volcans sur le climat n’est pas du tout facile à cerner.
    Bien sur, on a relevé des baisses de température après les éruptions mais il faut que les cendres soient projetées très haut dans une zone ou les échanges de chaleur ne peuvent de faire que par rayonnement et non par convection et/ou conduction pour qu’un tel effet soit palpable.

    J’apprécie nos échanges!

  38. Manu95 Says:

    Les discussions sont nettement plus féroces aux States parce que les intervenants quels qu’ils soient sont protégés par le Premier Amendement :

    « Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech, or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances. »

    « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre. »

    Certains vont même jusqu’à dire que la politique d’Obama et son administration est illégale parce que, selon le Premier Amendement, le gouvernement n’a pas le droit de favoriser une religion.
    Les demandes d’enquêtes et de procès sont de plus en plus nombreuses.
    De nombreux posteurs demandent que les principaux responsables de cette arnaque soient jugés pour crimes contre l’humanité et exécutés.

  39. Patrick Bousquet de Rouvex Says:

    Exécutés ? Bigre ! J’espère qu’on n’en viendra pas là ni là-bas ni de ce côté-ci, ni aucune violence, autre que verbale… Par contre juger ces gens sur les torts que leurs annonces erronées ont pu faire, je crois que ça viendra. Mais en attendant, avez-vous vu que Pachauri vient de se faire remettre un prix par le gouvernement suédois (si je retrouve le lien, je vous le mets…) : Il y a encore des gens qui ne doutent de rien, ou bien c’était prévu depuis longtemps et il était difficile d’annuler la cérémonie…

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