Le Centre du Monde

by

L’année 1988 est celle d’une célèbre déposition de James Hansen au Congrès américain, déposition qui fut l’une des premières grandes victoires du carbocentrisme. Mais l’année 1988 est aussi celle où Umberto Eco a publié son deuxième grand roman, Le Pendule de Foucault (Grasset, 1990, pour la traduction française). Il faut lire et relire ce bel ouvrage, d’une richesse littéraire et intellectuelle digne du Nom de la rose. Dans ce roman, un groupe de personnes réinterprète l’Histoire pour l’intégrer dans une vaste complot imaginaire qui aurait été conçu à l’époque des Templiers. La quête ultime de ces comploteurs imaginaires est la localisation du « point critique, l’Omphalos, l’Umbilicus Telluris, le Centre du Monde, l’Origine du Commandement », grâce auquel on pourrait « dominer, diriger, commander tous les flux telluriques de la planète. » La maîtrise de cet Umbilicus Telluris permettrait de « déchaîner des ouragans, des raz de marée, des tremblements de terre, de fendre les continents, de faire sombrer les îles… »

En 1988, le carbocentrisme était encore trop peu installé dans les esprits pour que les imaginatifs personnages du roman d’Eco puissent juger opportun d’intégrer à leur mystérieux « Plan » la théorie aujourd’hui dominante sur l’évolution du climat. Aujourd’hui en revanche, en partant de la description de la carte secrète à partir de laquelle on pourrait trouver le fameux Centre du Monde (« Une carte à la portée de tout le monde…on pourrait reproduire la carte séance tenante, en tout lieu… »), il ne serait guère difficile de faire bifurquer le roman pour y introduire le carbocentrisme. Pour cela, il n’y aurait qu’à faire imaginer aux personnages que l’Omphalos n’est pas un lieu mais une substance. Une substance qui se trouve à la fois partout où un être respire, et nulle part où puissent voir nos yeux.

Incarner l’Origine du Commandement dans le gaz carbonique : voilà l’œuvre du carbocentrisme. Pour ses partisans, la clé finale, l’ultime secret à conquérir réside dans une formule. Non pas mathématique, non pas physique, non pas même alchimique, mais chimique. CO2.

Et comme dans le roman d’Eco, l’imagination des initiateurs a été rattrapée puis dépassée par ceux qui se sont emparés de leur création et lui ont donné vie.

Advertisements

39 Réponses to “Le Centre du Monde”

  1. Daniel Says:

    « Le président de la République a rappelé que les agriculteurs, à travers les prairies, permettaient de stocker le CO2.  »

    http://www.lefigaro.fr/politique/2010/03/06/01002-20100306ARTFIG00601-sarkozy-defendra-l-agriculture-au-meme-titre-que-la-finance-.php

  2. Daniel Says:

    « Il s’est redit favorable à l’imposition d' »une taxe carbone aux frontières ». Le président a en outre affirmé qu’il fallait « changer les méthodes de mise en oeuvre des mesures environnementales dans l’agriculture », souhaitant que la France soit au premier plan de l’agriculture durable. »

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20100306.OBS8951/salon_de_lagriculture__sarkozy_parle_de_folklore.html

  3. Laurent Berthod Says:

    Sarkozy est certainement un grand lecteur d’Umberto Eco. (C’est d’ailleurs pourquoi il n’a pas le temps de lire La princesse de Clèves !) Cela renforcera certainement dans leur idée, ceux qui le perçoivent comme un grand comploteur !

  4. Antonio San Says:

    Les perles de Le Treut!

    http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1826:perles-du-giec-herve-le-treut&catid=82:environnement&Itemid=63

    Et notre Tom Roud national d’aller fayoter: « Dur dur de tenir un blog sur le climat ces jours-ci, bravo Mr Le Treut de vous y tenir ! » Quelle langue! Le pote ICE a du en être vert d’envie!

  5. Murps Says:

    En plus de M. Le Treut, il y a un de ses collègues de météo france, également rédacteur du Giec qui a expliqué sur Canal+, lors de l’émission de Anne Sophie Lapix, que les travaux du Giec avaient de toute façon été approuvé par l’administration Bush et Obama.

    On est en plein Lyssenkisme : « Kamarades ! Nous avons terminé nos travaux de recherche, et j’ai le plaisir de vous annoncer qu’ils sont pleinement en accord avec la ligne du parti ! »
    Ne rigolez pas, c’est exactement comme cela que cela s’est passé lors d’une réunion de l’académie des sciences en URSS.

  6. Pierrel Says:

    Bravo Murps pour le rapprochement entre Giecquisme et Lyssenkisme. Même si je caressais dans mes jeunes années l’idée de me consacrer à l’astrophysique (qui me passionne toujours), les hasards de la vie et les problèmes de l’existence m’ont empêché de me consacrer à ma science favorite et m’ont fait bifurquer vers le droit, l’histoire, le journalisme et… l’Union soviétique. Je suis devenu ce qu’on appelait jadis un « soviétologue » et maintenant je suis un « spécialiste » des problèmes russes.
    Je suis devenu sceptique au moment du prix Nobel du Giec et de Gore car le discours « carbocentriste » (pour ne pas dire « réchauffiste ») culpabilisateur et moralisateur me rappelait étrangement le volontarisme des discours soviétiques sur la science « prolétarienne », éclairée par le Parti que la maîtrise du matérialisme dialectique et du matérialisme historique rendait infaillible (oui, comme dit Murps, c’était bien ainsi).
    J’ai appris qu’il fallait toujours se méfier lorsque un discours scientifique était invoqué à l’appui d’une position idéologique. Il n’y a guère que les fausses sciences qui peuvent être pliées pour soutenir des prétentions politiques (universelles en plus): fausse science, le marxisme-léninisme qui inspirait les prétentions soviétiques; fausse science, le darwinisme social qui sous-tendait la politique nazie. Les pires massacres que l’humanité ait connus ont été perpétrés au nom de prétendues « sciences ». D’où ma méfiance.
    Sans compter que, connaissant la complexité du climat, les variations de la température tout au long de l’histoire, l’influence du soleil et des rayons cosmiques, le rôle mal connu des océans, je me méfiais du discours giecquiste: après tout, ce n’étaient pas les pets des mamouths qui avaient mis fin à la dernière glaciation. Mais, comme beaucoup d’entre nous, je me sentais bien seul.
    Ce site, celui de « pensée unique », vos opinions à tous, m’ont sorti de l’isolement et je vous en remercie.
    J’ai l’impression de me retrouver en 1989, au moment de la chute du Mur de Berlin. A cette époque, j’avais écrit un article ou je disais: « Si la situation continue à se dégrader, l’Union soviétique aura bientôt cessé d’exister en tant que grande puissance et peut-être même en tant qu’Etat ». Mon rédac-chef m’avait dit que je prenais mes désirs pour des réalités… Deux ans plus tard, en décembre 1991, c’était fait.
    Je ne pensais pas revivre une situation similaire, mais j’ai bien l’impression que nous n’aurons pas deux ans à attendre pour assister à la déconfiture finale du Giec.
    Pardonnez ce message qui n’a rien de bien scientifique et poursuivez vos débats passionnants qui nous donnent, à nous autres profanes, les arguments pour contrer les paradigmes dominants.
    Cordialement.

  7. Antonio San Says:

    A propos du Methane…

    je note que meme le site rechauffiste realclimate ne presente pas cette etude dans une style alarmiste!

    Je cite
    http://www.realclimate.org/index.php/archives/2010/03/arctic-methane-on-the-move/

    »Est-ce maintenant le temps d’avoir peur? Non.  »

    « Ce qui manque dans ces études elles-mêmes est la preuve que le dégazage plateau sibérien est nouvelle, une rétroaction du climat, plutôt que simplement la nature-as-usual, tirée par le recul du permafrost submergés datant de la dernière ère glaciaire.  »

    «La concentration est demeurée stable en 2008, ce qui signifie au moins que la variabilité interannuelle est importante dans le cycle du méthane, et il est donc difficile de dire si les émissions de longue durée un taux de croissance est en hausse d’une manière qui serait compatible avec un retour le carbone.  »

    « En tout cas, jusqu’à présent, elle est tout au plus un écho très faible. La marge de Sibérie pourrait rivaliser avec tout le reste de l’océan mondial comme une source de méthane, mais la source océanique est globalement beaucoup plus petite que la source des terres.  »

    « Pour que le méthane soit un acteur critique dans l’avenir du climat de la Terre, il devrait dégazer dans l’atmosphère de façon catastrophique, sur une échelle de temps plus rapide que la durée décennale du méthane dans l’air. Jusqu’à présent, personne n’a vu ni proposé un mécanisme pour y arriver.  »

    Alors les journalistes? De qui se moque-t’on?

  8. araucan Says:

    Comme me disait un commentateur, « vous faites de la sur-interprétation ». Mais ce seraient-ce les journaliste qui sont allés au-devant du discours ou le service de presse des auteurs de l’article ?
    Car on a strictement aucune idée de la récurrence du phénomène … nimême de ce qui se passe en dessous …

  9. DODO Says:

    Et, pour en revenir au pendule de Foucault, la chute était extraordinaire, puisque celui qui recherchait un complot, tombe, victime de ceux qu’il avait fini par convaincre, par sa quète, que le complot existait….

  10. JG2433 Says:

    @ Murps dit : 7 mars 2010 à 19:16
    @ Pierrel dit : 7 mars 2010 à 20:07

    … et j’ajoute MM. Borloo et Lalonde, convaincus par les conclusions et prévisions du Giec et enthousiastes à l’idée d’un « gouvernement mondial » !

    et aussi, à propos de Greenpeace et de son classement de firmes industrielles :
    quelle légitimité a donc cette multinationale de donneurs de leçons autoproclamés, ces activistes adeptes d’un écologisme politique radical aux penchants totalitaires ?

  11. plombier Says:

    AFP / 07 mars 2010 – PARIS – « Les climato-cyniques ne me font pas rire », a déclaré dimanche le ministre du Développement durable Jean-Louis Broloo, jugeant « très graves » les attaques contre les scientifiques du GIEC, experts sur le changement climatique.
    M. Borloo, interrogé sur RTL sur le dernier ouvrage de l’ancien ministre de l’Education nationale Claude Allègre, a fait valoir que le consensus scientifique autour du GIEC avait été dressé « dans le cadre d’une procédure voulue par 192 Etats (de l’ONU), où chacun peut intervenir, envoyer des notes, contester ce qui est fait, tout est parfaitement transparent ».
    « Ceux que j’entends aujourd’hui faire des livres n’ont pas participé à ce débat ou n’en avaient pas la compétence technique. Il s’agit de climatologie et non pas de géologie » – la spécialité de M. Allègre, a-t-il insisté.
    « Au titre de la responsabilité à l’égard des générations futures, les gouvernements de 192 pays ont réclamé la mise en place d’une procédure scientifique parfaitement contradictoire et un travail considérable a été fait. Tout le monde pouvait intervenir dans ce débat, les climato-cyniques en l’occurence ne sont pas intervenus », a-t-il souligné.
    « Une contestation de ce type, comparant la météo à 3 jours et l’évolution du climat à 50 ans, aura-t-elle pour conséquence d’arrêter les économies d’énergie », a-t-il demandé. « Est-ce que ça veut dire qu’il faut de plus en plus d’énergies fossiles alors qu’on sait qu’on n’en aura pas ? Qu’il faut arrêter les politiques de réduction des déchets, de transports en commun économes ? Qu’il ne faut pas se préparer aux métiers de demain ? ».
    Pour M. Borloo, « il y a aussi beaucoup de gens qui ont intérêt à poser ces questions, des intérêts financiers, industriels ». Mais « Dire qu’ici et maintenant ça n’a pas d’importance, c’est extrêmement grave », a-t-il répété.

    Et aussi : L’entrée en vigueur de la taxe carbone pour taxer les émissions de CO2, est toujours prévue au 1er juillet « même si c’est très difficile », a assuré aujourd’hui le ministre du Développement durable Jean-Louis Borloo. « Rien ne me permet de penser qu’on ne le fera pas. Même si c’est très difficile, on va le faire quand même », a-t-il déclaré au Grand Jury.
    ———————————
    « Tout le monde pouvait intervenir dans ce débat  » Ah bon quelqu’un pourrait lui envoyer l’historique du rapport Wegman ou lui expliquer ce qu’est le Malariagate, l’Amazongate, le Nederlandgate, l’Africagate etc

  12. Patrick Bousquet de Rouvex Says:

    … »Ces gaz réchauffent, il s’agit là d’un effet physique malheureusement incontournable, ce réchauffement croît au fur et à mesure que les gaz s’accumulent dans l’atmosphère, et il s’impose à tous. Dans ces conditions, quel meilleur indice qu’une température globale pour en décrire les effets dans les termes simples que réclame une convention internationale. L’intérêt de cet indice est confirmée par de nombreuses études qui montrent qu’au-delà de 2°C de réchauffement, les points de ruptures du système climatique se multiplient… » Et le reste à l’avenant.
    C’est ça la science climatique pour les nuls ! Non, ça ne provient pas d’un livre pour enfants de 6° (pas encore, mais … voir plus haut !) mais du blog cité ci-dessus d’Hervé le Treut, prof un peu partout et gieciste brave et qui se prépare sans doute à former le dernier carré à Waterloo (comment disait Cambronne, déjà ?) Al Gore viendra-t-il tirer l’oreille du grognard pour l’encourager à tenir jusqu’au bout ? … »Les physiciens du climat peuvent tous ressentir chez certains de leurs proches les marques ironiques d’une méfiance que la musique insistante des « climato-sceptiques, ou encore le « Climate Gate », ont certainement attisée … » Ah, quel aveu ! (les physiciens ou les perroquets du giec ?)
    http://blogs.lexpress.fr/cgi-bin/mt-search.cgi?tag=climato-sceptiques&blog_id=232
    « Ce blog a été créé dans le cadre d’un partenariat entre le journal l’Express et le CNRS. » Donc en partie avec l’argent de nos impôts… si tant est qu’un blog coûte quelque chose !
    Et ce blog-ci, Le Mythe climatique, a sans doute été créé par un partenariat avec Exxon Mobil ? (et non Mobile, comme indiqué page 200 de l’excellent livre du même titre que je vous recommande, je n’ose dire « chaudement » ! (c’est la seule erreur que j’y ai trouvé mais je n’ai fait que le parcourir, aussitôt reçu, je devrais dire presque arraché des mains du facteur ! : si j’en trouve une autre, je m’empresserai de vous la communiquer !) Si le gouvernement mondial est créé, quel strapontin siérait à ce brave Le Treut ? Gardien de phare en chef, pour guetter les retombées du carbone sur la pointe du Raz ?

  13. Laurent Berthod Says:

    Il avait dû ingurgiter quelques bulles de gaz carbonique incluses dans un liquide très joliment doré et transparent, au moins autant que d’habitude, c’est-à-dire beaucoup plus que de raison.

  14. Patrick Bousquet de Rouvex Says:

    Pierrel dit : Bravo Murps pour le rapprochement entre Giecquisme et Lyssenkisme.
    J’oubliais, : le premier chapitre du Mythe Climatique le fait aussi !

  15. Jean-Gabriel Mahéo Says:

    Pierrel,

    merci pour cette contribution passionnante, et pas du tout hors sujet.

    Sur l’affaire du RCA et de ses multiples rejetons, il y a un gros travail d’histoire et de philosophie des sciences à faire, et le le cas du GIEC est bien un cas de pseudo-science assujettie à un objectif politique. En l’occurrence, l’objectif me semble être une sorte d’impérialisme total malthusien au bénéfice de Londres, mais c’est mon avis.

    Cordialement,
    Jean-Gabriel Mahéo

  16. Antonio San Says:

    Le climatoblog de Le Treut n’assène pas plus de bêtises que sa propre intervention à l’Académie des Sciences dans Point de Vues (images du monde) de Novembre 2009, avant Copenhague et la débâcle « Climategate »…

  17. Murps Says:

    Il n’empêche. Le débat est toujours absent chez nous.

    S’il le faut je descends dans la rue contre cette taxe carbone inepte.
    De jamais vu dans une histoire d’un pays industrialisé et démocratique.

  18. scaletrans Says:

    A propos de CO2, si la proportion dans l’atmosphère (en assumant que les données officielles ne sont pas elles-même tripotées) est de moins de 4 pour mille, a-t-on une idée de la proportion émise par les activités humaines? J’ai vu quelque part le chiffre de 5%, ce qui ferait … N’y aurait-il pas moquerie de figure ? (j’ai décidé de rester poli…).

  19. JG2433 Says:

    JG2433 dit : 7 mars 2010 à 21:11

    « … MM. Borloo et Lalonde, convaincus par les conclusions et prévisions du Giec… »

    prédictions (au lieu de prévisions) ne serait-il pas le mot juste ?

  20. the fritz Says:

    0,4 pour mille Scaletrans

  21. scaletrans Says:

    @ the fritz
    Je parlais de la proportion des émissions anthropiques dans les émission globales.

  22. scaletrans Says:

    @ the fritz

  23. scaletrans Says:

    @ the fritz
    Sorry for the mishap.
    D’après Jaworowski cette contribution est de 3% des émissions globales. J’ai vu dans un post il y a quelques jours une amusante (enfin à la limite de la malhonnêteté intellectuelle) comparaison avec un poison tellement violent qu’il peut tuer à des doses infinitésimales: nous ne sommes pas dans l’étude des toxiques que je sache !

  24. JG2433 Says:

    @ scaletrans dit : 8 mars 2010 à 09:48

    Notes de lecture (mais lien perdu…) :

    « Le flux annuel d’accroissement du C02 représente environ 30 milliards de tonnes pour un stock de 3 000 milliards – soit environ 1 %. »

    Le calcul suivant était également proposé :

    « Ce sont ces 3 000 milliards qui sont sensés affecter le climat et non pas les seuls 30 milliards !
    Incidence d’une réduction de 10 % (de ces 30 milliards) = 0,1 %
    Imperceptible ! »

    Ces données sont-elles valides ?

  25. Manu95 Says:

    Les notes de Scaletrans proviennent sans doute de Pensée-unique
    http://www.pensee-unique.fr/theses.html#general
    Voir la troisième partie du cadre jaune (il s’agit ci-dessous de gigatonnes de C (carbone) et non de CO2)
    Les échanges entre les différentes sources, cette fois ci en GtC par an :

    1. La surface des océans et l’atmosphère échangent, chaque année, 90 GtC.
    2. La végétation sur Terre et l’atmosphère échangent, chaque année, 60 GtC.
    3. Les animaux marins (les planctons) et la surface de l’océan échangent, chaque année, 50 GtC
    4. La surface des océans et les eaux en profondeur échangent, chaque année, 100 GtC………..

    C’est à dire un échange permanent de quelques 300 (GtC) milliards de tonnes de carbone par an.

    Et l’activité humaine dans tout cela ? me demanderez vous. Eh bien …
    L’homme injecterait, lui, chaque année, environ 3 GtC dans l’atmosphère sur les 5 à 7 GtC produits annuellement par combustion d’énergie fossile (pétrole, fiouls, gaz etc..). A noter que, d’après un article de Prairie et Duarte (Biogeosciences, 2007), la respiration de l’humanité toute entière relâcherait quelques 0,3 GtC/an dans l’atmosphère ! Les animaux domestiques :0,75 GtC/an et les déchets humains et animaux : 0,5 GtC/an, ce qui n’est pas totalement négligeable (voir les « modestes propositions » de Florin Aftalion, texte suggéré par un lecteur que je remercie )..

    Soient quelques 3 GtC par an, avec une croissance de l’ordre de 0,3 pourcent par an, c’est à dire 0,009 GtC supplémentaire par an. « Peanuts » comme disent les américains !
    Et Jean Martin donne une source pour ces données « généralement admises » :
    http://www.oism.org/pproject/GWReview_OISM300.pdf

  26. MichelLN35 Says:

    @Manu95, scaletrans et Araucan

    J’ai trouvé fort intéressants deux post sur WUWT ces derniers temps, sur la sensibilité climatique liée au forçage du CO2 : il s’agit de Sense and sensitivity de W Eschenbach, le 28 02 2010 et de The logarithmique effect of Carbone Dioxyde du 08 03 2010. Ils mériteraient à mon avis une traduction.

    J’ai assisté, comme je vous l’avais signalé à la conf de V Masson Delmotte à Rennes le 2 mars. Elle a parlé essentiellement d’un nouveau forage au Groenland, dénommé NEEM, pour arriver jusqu’à l’Eémien, d’où le nom. Le CO2 n’est paraît-il pas pris en compte car perturbé par les poussières organiques comtinentales, contrairement à l’Antarctique, par contre le méthane est analysé.

    J’ai retenu qu’ils ne tiennent aucun compte du tassement ni de l’intensité de l’enneigement dans leur approche. De plus ils continuent à parler du climat du Groenland et de l’appauvrissement en eau lourde par distillation de Rayleigh, contrairement à la référence à Wiki, faite ici il y a peu, qui parle de SST du lieu d’évaporation comme trace climatique conservée dans les glaces. Enfin, elle a fait allusion à l’effet de serre sur Vénus, dû à la quantité de CO2, ce qui me semble en contradiction avec l’effet logarithmique de piégeage des IR à chaque doublement.

    Quelqu’un avait fait allusion ici ou sur Skyfal à l’importance de la densité de l’atmosphère de Vénus 94 bars au niveau de la surface qui expliquerait la température supérieure à 450 degrés C. Je n’ai pas pu retrouver qui, ni sur internet, une référence dans ce sens. Toujours, la cause invoquée est l’effet de serre beaucoup plus important. Cependant, sur un graphique comparant la température des deux atmosphères en fonction de la pression, donc de l’altitude, trouvé dans l’ouvrage Astronomie de l’Encycl universalis, j’ai bien constaté qu’à 1 bar (#8km d’altitude) la température était de 57 °C donc plus élevée que sur terre ce qui se justifie par la proximité du soleil (2621 W/m2).

    Si quelqu’un sait, merci de m’éclairer.

  27. araucan Says:

    @Michel
    Pour Vénus, l' »effet » de serre est lié à H2SO4 si j’ai tout compris !
    Si le CO2 jouait, il ferait plus chaud sur Mars aussi ! 😉

  28. Marot Says:

    @MichelLN35 et tous autres.
    Je serai bien heureux d’avoir des réponses à la question relative au lien pression-température.

    J’affiche donc à nouveau une question que j’avais posée dans skyfal sans réponse en ce temps là.

    La relation PV= nRT est-elle applicable en milieu non clos comme l’atmosphère ?
    Mes connaissances en thermo ne sont pas allées jusque là.

  29. MichelLN35 Says:

    @Araucan, et Marot
    Je crois avoir compris que l’acide sulfurique forme des nuages de particules entre 45 et 55 km d’altitude, dont la température est de 70 à 95 °C mais la pression seulement 1 mbar. Ces nuages capteraient la plus grande partie du rayonnement solaire puisqu’il n’arrive à la surface que 67W/m2 et dans la basse atmosphère environ 260 W/m2.

    A mon sens, mais je ne suis pas physicien du tout, la température de surface est liée à la pression (+90 bar) en accord avec la formule proposée par Marot de la loi des gaz parfaits, et non à un effet de serre qui serait, de toute façon complètement saturé.

    Avant que le CO2 terrestre soit sorti de l’atmosphère par la constitution des calcaires, l’atmosphère était très majoritairement constituée aussi de CO2, je ne sais pas si elle était plus dense.

    Merci de vos réponses, je vois que je ne suis pas le seul à me poser des questions.

    Ce n’est peut-être pas le lieu mais le livre de Benoît est vraiment bien. J’apprécie beaucoup sa clarification de la différence entre sciences fausses et fausses sciences. Sincères félicitations.

  30. Benoît Rittaud Says:

    @ MichelLN35 : Ce genre de compliments, sentez-vous libre de le faire où vous voulez 😉

  31. Bernard Says:

    @Marot
    Bien sur elle est applicable à condition de découper l’atmosphère en volumes élémentaires (normalement le plus petit possible) . Chaque volume ayant une température et une pression définie. Ensuite il faudra intégrer le nombre de moles de chaque volume à l’ensemble de l’atmosphère si c’est les moles de gaz qu’on cherche à obtenir.

    C’est possible à formuler mais pas facile à réaliser pratiquement.

    Pourquoi cette question?

  32. the fritz Says:

    Michel et autres,voici deux references qui vous permettront de préciser vos données sur l’atmosphère de Vénus


    Le CO2 n’a en effet pratiquement aucune raie d’absorption dans le spectre du corps noir à 720°K,température de la surface de Venus; le H2SO4 et la vapeur d’eau y suppléant; si c’est faisable , que ceux qui voudraient discuter un peu plus essaient d’avoir mon adresse perso via Benoit ou Araucan; je les autorise à les donner à toute personne de bonne foi

  33. the fritz Says:

    petit complément:au sommet de son atmosphère Venus reçoit 650W/m2; mais comme son albédo est très élevé( 0,77) elle ne capte que 150W/m2 dont seulement 3% arrive en surface à cause de la densité de son atmosphère, soit quelques petits watts par mètre carré; je me demande d’ailleurs quelle est la précision de ces données parce que vu la température, on rase les moustaches au spectre solaire

  34. MichelLN35 Says:

    @the fritz
    Merci pour vos précieux docs, je suis allé revoir l’EUniv, article de Guy Israël 1985, l’effet de serre est bien dû, d’après lui, au CO2, ce qui me semble donc impossible. Quant à l’acide sulfurique, il s’agit d’aérosols ayant un effet d’albédo et non un effet d’atmosphère, pour ne pas dire de serre. Les autres molécules à effet possible sur les IR seraient SO2, mais je ne sais rien de son activité sur les IR, il est présent à environ 180ppmv à 20 km d’altitude et H2O 1350 ppmv aussi à 20km.

    Si nous admettons G&T, l’effet de serre des gaz ne serait pas responsable de la température. Je voudrais bien savoir alors l’effet de la densité d’un gaz parfait (non liquéfié) sur sa température à une pression de près de 100 bars.

    Voici les 2 paragraphes de G. Israël concernant l’effet de serre et par comparaison à la terre les 33 degrés d’EdS qui constituent toujours la base théorique du bilan radiatif et de toute l’hypothèse de réchauffement dû au CO2 anthropique.

    « Au niveau de l’orbite de Vénus, l’éclairement énergétique reçu en provenance du Soleil est de 2 621 watts par mètre carré, ce qui correspond à près de deux fois celui qui atteint le sommet de l’atmosphère de la Terre. Près de 80 p. 100 de cette énergie sont renvoyés vers l’espace par l’atmosphère et les nuages, tandis que 10 p. 100 sont absorbés au-dessus de 64 kilomètres. L’énergie restante est absorbée par la basse atmosphère, mais également par la surface de Vénus. L’absorption de cette dernière représente 2,5 p. 100 de l’énergie totale disponible au sommet de l’atmosphère. L’énergie thermique qui atteint la surface de Vénus et qui provient des couches internes peut être estimée à 0,06 watt par mètre carré. Elle serait donc de trois ordres de grandeur inférieure à l’énergie d’origine solaire qui réussit à pénétrer à travers l’épaisse atmosphère de la planète. La surface doit par conséquent sa température très élevée à ce seul apport d’origine solaire (soit environ 67 watts par mètre carré).
    Comment interpréter la valeur de 730 kelvins de la température de surface, qui avait été estimée puis confirmée in situ, grâce à la série de stations d’atterrissage soviétiques Vénéra? Le mécanisme d’échauffement est aujourd’hui bien démontré et repose sur un effet de serre atmosphérique particulièrement puissant. Dans le cas de notre planète, l’absence de tout effet atmosphérique signifierait une température de la surface plus faible, avec une différence de 33 degrés.

    C’est principalement l’opacité dans l’infrarouge des constituants de l’atmosphère terrestre — gaz carbonique et vapeur d’eau — qui empêche un refroidissement trop grand de la surface et de la très basse atmosphère, tandis que ces mêmes gaz ainsi que les autres constituants gazeux laissent pénétrer une part importante du rayonnement solaire énergétique dans le visible et le proche ultraviolet. Mais l’atmosphère de Vénus est cent fois plus dense que celle de la Terre et est surtout composée, à 96 p. 100, de gaz carbonique. Il en résulte que l’opacité infrarouge créée autour de la planète est suffisante pour élever notablement et progressivement la température de la surface ; le point critique du mécanisme se situe au moment où les températures deviennent suffisamment élevées pour que la rétention des substances volatiles contenues à l’intérieur des roches de surface et dans le sous-sol de la planète décroisse notablement. »

  35. Argus Says:

    Ceux (celles) qui sont intéressé(e)s par les soubassements (c’est voulu !)) de l’effet de serre, par les fameux +33°C, par les lois du corps noir appliquées à tout et dans tous les sens…devraient aller jeter un oeil sur cette discussion passionnante et passionnée qui a eu lieu sur Wikipédia anglophone à propos du « Black Body ».

    http://en.wikipedia.org/wiki/Talk:Black_body

    section : temperature of earth.

    Pour comparer, vous pourrez aller jeter un oeil sur la discussion qui a eu lieu sur le Wikipédia francophone sur le même sujet.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Corps_noir

    Hum ! AMHA, il n’y a vraiment pas de quoi être fier….

  36. Argus Says:

    Ah, j’oubliais.
    Conseiller la lecture de la discussion sur Wikipedia (US) à Tom Roud, pour info.
    A moins qu’il ne soit intervenu dans la discussion de la version française…

  37. Tom Roud Says:

    @ Argus : tiens, je m’aperçois qu’on parle de moi. Auriez-vous l’obligeance de m’indiquer le(s) point(s) que je dois lire ? je n’ai jamais lu un bon contre-argument sceptique, donc je ne saurais pas le reconnaître.

    Sur le calcul de Fourier et l’application du corps noir « à tort et à travers », je n’ai pas grand chose à dire d’autre que c’est une application d’un bilan énergétique pour une planète rocheuse (donc solide) à l’équilibre thermique sans atmosphère, avec une température homogénéisée par un mécanisme inconnu (ou une simple température effective). Je ne vois pas très bien quel est le problème vu que les hypothèses sont hyper fortes, ça donne juste de l’ordre de grandeur de la température de la Terre si elle ressemblait à la Lune.

  38. Argus Says:

    @ Tom Roud :
    « Vous ne voyez pas le problème  » ?
    C’est ça le problème .

    D’autre en voit , ici :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Talk:Black_body

    section : temperature of earth
    et la suite…

  39. Tom Roud Says:

    Oui oui, j’ai bien compris, mais au milieu de la foule d’arguments, quel argument vous paraît pertinent en particulier ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :