« Le Monde » refuse d’y voir clair

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La médiatrice du journal Le Monde, Véronique Maurus, vient de publier un article qui revient sur la fameuse chronique d’Hervé Kempf rapprochant les climato-sceptiques des Munichois de 1938 (voir ici, ici, ici et ici (dans l’ordre) pour l’historique complet de la question). Mieux vaut tard que jamais, me disais-je en en commençant la lecture, d’autant que le début était prometteur, Véronique Maurus indiquant d’emblée qu’Hervé Kempf a fait un « parallèle hardi entre les climato-sceptiques d’aujourd’hui et les [M]unichois de 1938 ».

Mais ce réconfort n’a été que de courte durée.

Naïf que je suis, il me semblait que le rôle d’un médiateur consistait d’une part à calmer le jeu, d’autre part à reconnaître loyalement les erreurs de son journal lorsqu’il en commettait. Avec cet article, pourtant, j’ai bien davantage l’impression que la ligne générale a consisté à noyer le poisson, tout en donnant largement la parole à un seul camp : celui du Monde.

L’article consiste en une compilation de trois affaires distinctes, dont le seul point commun est qu’elles concernent des chroniques du journal (c’est-à-dire des opinions et non des textes d’information). L’évidente limitation de place fait qu’à chacune de ces affaires n’est accordée qu’une courte explication.

S’agissant de la chronique qui nous intéresse ici, elle n’est discutée qu’au travers de quatre brèves réactions : la première d’un lecteur indigné (Fabrice Descamps), la seconde se déclarant favorable à Hervé Kempf (signée du bien connu Jean-Marc Jancovici), et les deux dernières… d’Hervé Kempf lui-même. Votre serviteur, pourtant directement mis en cause et qui s’est longuement donné la peine d’expliquer son indignation, n’a pas eu les honneurs d’une citation quelconque, ni, a fortiori, d’une réponse à ses questions. Il faut dire que la perspective de l’article est ailleurs : pointer la « pression énorme » que fait peser sur les épaules des chroniqueurs les « réactions des internautes ». J’imagine donc que, pour certains, l’époque où ils pouvaient écrire ce qu’ils voulaient sans que ces satanés lecteurs puissent réagir était « le bon vieux temps ». Diable ! Où allons-nous, en effet, s’il devient possible à quelqu’un de faire savoir son désaccord d’être traité de Munichois en page 2 du Monde…

Il faudra donc se contenter de croire la médiatrice lorsqu’elle assure que les limites à fixer à une chronique sont de la responsabilité des chroniqueurs, lesquels, bien sûr, sont « conscients » de ces limites. La preuve en est donnée par cette profession de foi d’Hervé Kempf, qu’on imagine proclamée la main sur le cœur : « Ni injure ni attaque ad hominem et, bien sûr, pas d’erreur factuelle. » Traiter quelqu’un de Munichois n’est pas injurieux, donc… Manifestement, nous n’avons pas les mêmes valeurs.

Il est dommage que Véronique Maurus n’ait pas confronté ces belles paroles d’Hervé Kempf aux derniers mots de la chronique incriminée : « derrière le climato-scepticisme se décrypte à livre ouvert l’idéologie la plus platement réactionnaire. » Manque de place, sans doute. On se contentera donc du rapprochement fait par la médiatrice entre les chroniqueurs du Monde et Rabelais qui, « [p]ourchassé toute sa vie par les censeurs, a persisté à défendre le rire ». J’avoue que la drôlerie de la chronique d’Hervé Kempf m’avait échappé, mais c’est sans doute que je manque de sens de l’humour.

Bon, de l’eau commence à avoir coulé sous les ponts depuis cette chronique d’Hervé Kempf. Madame la médiatrice, soyez rassurée : je ne vous embêterai plus avec mes billets dans lesquels j’en appelais à quelque chose d’aussi ringard qu’un débat. Pour moi, sauf rebondissement, l’affaire est désormais close. Outre une blessure personnelle, il n’en subsiste au fond qu’une tristesse devant l’autisme manifeste de tout un pan d’une profession pourtant irremplaçable, qui continue à s’étonner de l’érosion de son lectorat sans sembler le moins du monde capable de mener sur elle-même la plus banale des remises en question.

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35 Réponses to “« Le Monde » refuse d’y voir clair”

  1. Clem Says:

    Tristesse et amertume.

  2. Laurence Viollier Says:

    Bonjour,
    Vous êtes mathématicien, pourquoi ne parlez vous pas des calculs publiés par M. Le Mouel et Courtillot (la « durée de vie » des perturbations »)? Vous contestez la rigueur des calculs d’une température moyenne, pourquoi n’appliquez vous pas la même méthode aux articles de M. Courtillot et à la significativité des corrélations qui sont présentées?

    Benoît Rittaud : Hors-sujet sur ce fil, mais réponse rapide tout de même : mon travail concerne la question du carbocentrisme et non les travaux que vous citez, qui concernent une théorie alternative (que je ne défends pas particulièrement). Merci de poursuivre éventuellement cette conversation dans le « Billet sans sujet » (valable pour tous).

  3. Yanartus Cheissoux Says:

    Totalement d’accord avec Benoît.
    Cette chronique me fait penser à un micro-trottoir d’un mauvais journal télévisé : « trois pour, trois contre, et c’est emballé ».
    On ne peut rien attendre de mieux du Monde actuellement.

  4. Abitbol Says:

    J’imagine que Hervé Kempf n’a pas le recul nécessaire, ni la connaissance de l’Histoire pour utiliser le terme de « Munichois ».
    Normal, ce monsieur n’a pas connu la période en question et pour lui, la portée de ses écrits n’est pas réfléchie… Il utilise un symbole a très mauvais escient, mais cela devient monnaie courante depuis que les journalistes ont perdu le monopole de la communication de masse. La frontière qualitative qui distingue cette corporation et les blogueurs devient de plus en plus mince et d’ailleurs certains journalistes tel Denis Delbecq ont Allègre-ment franchit le pas.
    Le journal Le Monde ne nous survivra pas pour tout un tas de raisons et pour celle-ci en particulier. Et je m’en réjouis personnellement…
    Espérons que vous soyez une des dernières « victimes » de cette médiocrité et malhonnêteté.

  5. Antonio San Says:

    Et dire que le Jean-Marc signe ces text mails de Copenhague par « Veni, Vedi, Jancovici »

    Bientot cela risque d’etre Jancovichy, par reference au titre sublime du Canard Enchaine a propos de Francois Mitterrand « Tonton » et de son passe, applique a l’epuration verte dont les Brezin et autres se font les avocats!

  6. Antonio San Says:

    Et cela continue:
    Libération qui du coup s’allie a la Croix, on aura tout vu!, reporte cet incroyable intervention:

    « Dans un article publié ce vendredi par La Croix, Edouard Brézin révèle ce qui se passe à l’Académie des Sciences. Depuis de longs mois, Jean-Loup Puget, le délégué de la section Terre Océan Atmosphère de l’Académie tente d’organiser une confrontation entre Claude Allègre, Vincent Courtillot et les climatologues. Une confrontation chiffres en main, documents sur la table. En vain. Edouard Brézin révèle que Claude Allègre et vincent Courtillot sont les principaux responsables de cet échec. »

    Brezin ecrit:

    « La ministre de la recherche a eu parfaitement raison de refuser de prendre position dans le débat. On n’attend pas du gouvernement ni du Parlement qu’ils donnent leur avis sur les travaux scientifiques. Même s’il est surprenant que la ministre en appelle à l’Académie des sciences, qui n’est pas sous son autorité, il serait bon que celle-ci s’exprime sur le sujet. Elle l’avait fait en 2005, à l’époque où j’en étais le président, en publiant une recommandation conjointe avec les autres académies des sciences du G8 et des grands pays émergents.

    Mais depuis lors, elle a été terriblement silencieuse et frileuse sur la polémique lancée par les climato-sceptiques. Il y a eu des débats en interne qui n’ont pas permis de dégager une unanimité, en raison de la présence d’un petit groupe réuni autour de Claude Allègre et de Vincent Courtillot. »

    « Il faut qu’un jour l’institution prenne ses responsabilités et affirme que, dans ce débat, toute la science a été mise en oeuvre selon les règles de l’art. Bien sûr, il y a encore beaucoup d’inconnues, le climat est une science extrêmement complexe. Mais compte tenu des lois de la physique, de l’état des connaissances et de ce qu’il est possible de produire, les climatologues ont réalisé ce que l’on pouvait faire de mieux. Si Claude Allègre ou Vincent Courtillot avaient alerté, argumentaires à l’appui, sur le fait que telle ou telle variable était mal prise en compte dans les modèles, ils auraient contribué au débat scientifique. Mais Claude Allègre a affirmé d’emblée qu’il ne croyait pas aux modèles. Ce n’est pas une posture scientifique. Dans aucun domaine on ne peut apprécier les évolutions futures en se passant de modèles. « …
    ===

    L’epuration verte continue…

  7. scaletrans Says:

    « Il faut qu’un jour l’institution prenne ses responsabilités et affirme que, dans ce débat, toute la science a été mise en œuvre selon les règles de l’art. »
    Le Français, dans les mots, brave l’honnêteté. On peut se consoler en se disant qu’il vaut mieux entendre ça que d’être sourd…ou muet, car tout ceci me laisse sans voix.

  8. scaletrans Says:

    J’oubliais: Joyeuses Pâques quand même !

  9. yvesdemars Says:

    Le Monde n’est plus le journal de référence en France depuis longtemps. Paix à ses cendres.
    L’académie ferait bien de prendre modèle sur le British Museum qui a décidé d’adopter une position neutre sur le sujet eu égard aux doutes avérés sur l’origine des changements climatiques.Je suis étonné que Brezin ose dire que Courtillot et Allègre n’ont pas alerté sur sur des variables mal prises en compte: il est criant que les modèles prennent en considération sans vérification une rétroaction positive de la vapeur d’eau et sont totalement ignare sur les effets considérables des nuages. Et en outre ils présupposent que les équations décrivant le climat sont linéaires et non non-linéaires comme le sont celles de la météorologie, ce qui n’est qu’une hypothèse simplificatrice et qui ne tombe pas sous le sens. Tout ceci est dans le domaine public, mais les jouzel Le treut et consorts sont autistes sur le sujet. Si j’avais un conseil à donner je suggérerait que l’Académie se penche sur les effets de la hausse des températures, car là dessus le dossier du GIEC est de plus en plus mince.

  10. yvesdemars Says:

    remplacer « sur sur » par « sur » ligne 4

  11. Bernard Says:

    Le « monde »est aveugle! Et il n’y a pas de pire aveugle que celui QUI NE VEUT PAS VOIR!

  12. yvesdemars Says:

    et mettre un « s » à ignare. La rétroaction positive de la vapeur d’eau est incluse dans le modèle comme celle d’un gaz comme le méthane qui reste toujours à l’état gazeux dans l’atmosphère (avant d’être transformé en CO2 et de voir ainsi son pouvoir d’effet de serre divisé par 25 à 50. Mais la vapeur d’eau se retrouve soit à l’état gazeux, soit à l’état liquide et même à l’état solide (grêle et neige) et son comportement et son effet climatique en sont bouleversés. L’eau est ainsi le secret du climat mais à ce jour il reste inviolé, nous verrons si Cloud permet de lever une partie du voile.

  13. plombier Says:

    Il m’est revenu en mémoire un article de swissinfo.ch du 18 février 2010 .

    «L’essentiel: maintenir la pression sur les décideurs»

    Interview (suite au glaciergate) de Martin Beniston Vice-président du Giec entre 1992 et 1997, ce professeur à l’Université de Genève participera sans doute à la rédaction d’un ou deux chapitres du prochain rapport du Giec, prévu dans quatre ans.
    Extrait :
    Le consensus évoqué au sujet du Giec se situe sur un autre plan. Pour que ses rapports soient ratifiés par les gouvernements, ces derniers doivent se mettre d’accord sur la terminologie et la formulation des conclusions. Un processus assez ardu. Mais il ne s’agit pas d’un consensus scientifique. Sur le plan scientifique, le débat a bien lieu.

    swissinfo.ch: Reste que la confiance semble entamée. Dans la revue Nature, cinq scientifiques qui ont contribué à ses travaux proposent leur vision d’avenir du Giec. Certains vont jusqu’à envisager sa disparition. Quelle est votre position?

    M.B.: Le Giec est une machine très lourde, mais assez unique, à l’interface de la science et de la politique. Le Giec a joué ce rôle fédérateur pour mobiliser les scientifiques et sensibiliser les décideurs à des questions loin d’être anodines.

    Mais à ce stade, l’essentiel des connaissances est cerné sur le plan de la science. Il reste des points de détail. Au terme du quatrième rapport en 2007, je me suis sérieusement posé la question de la nécessité d’un cinquième rapport, prévu en 2013-2014. Il y a une inertie du système qui empêche de s’affranchir de l’obligation de continuer sur la lancée.

    Une ou plusieurs nouvelles structures, plus souples, plus ciblées sur les questions encore en suspens [les ressources en eaux avec la fonte des glaciers et leur répartition, par exemple] seraient peut-être une bonne chose. Nous n’avons plus vraiment besoin de cette lourde machinerie refaisant l’inventaire global de l’évolution du climat au niveau planétaire, en fonction de tel ou tel scénario d’émissions.

    Mais je suis ouvert à toute solution, pour autant que soit maintenue cette dynamique de pression sur les opinions publiques et les décideurs afin qu’ils ne lâchent pas le morceau. Nous étions quasiment à bouts touchants à Copenhague. Plus on tardera à prendre les décisions qui s’imposent, plus il sera difficile de faire face à certains des impacts du réchauffement climatique.
    —————————
    Selon Martin Beniston il y a un débat , mais pas de consensus scientifique .
    « dynamique de pression sur les opinions publiques et les décideurs afin qu’ils ne lâchent pas le morceau » ???? Quelque soit les moyens ?

    http://www.swissinfo.ch/fre/dossiers/changement_climatique/actualites/L_essentiel:_maintenir_la_pression_sur_les_decideurs.html?cid=8291138

  14. Murps Says:

    Je crois que nous sommes à une période qui voit de nombreux bouleversements au sein du paysage médiatique. Internet 2.0 est évidemment passé par là, mais aussi la TNT, et toutes les nouvelles technologies.

    Cela relativise les attaques, M. Rittaud, que vous avez pu subir d’un journal comme Le Monde, car il n’a plus le poids qu’il a eu pendant toute la fin du XXe siècle.
    La pilule est peut-être amère à avaler, mais d’une part votre honneur n’a pas à souffrir de cette sortie d’Hervé Kempf, ses propos sont outranciers et donc insignifiants, d’autre part, ce journal aura peut-être disparu avant que des excuses soient formulées.
    Ce sera d’ailleurs la baisse de qualité du contenu et ce genre de propos qui seront à l’origine de sa chute autant que la concurrence des supports plus modernes.

    N’oubliez pas non plus que votre livre devient malgré votre volonté de neutralité une oeuvre politique, et à ce titre, tous les moyens sont bons pour vous abattre.

    Vous avez bien entendu mon modeste soutien moral dans cette affaire, et le reste…

    Cordialement
    Murps

    PS : pas trouvé votre livre dans le nouveau magasin « Cultura » de mon petit coin du Var, hélas. J’attends avec impatience de pouvoir le lire en passant commande par le net maintenant que je suis en vacances…

  15. Williams Says:

    Voilà que par coup de hazard je viens de tomber dans le Figaro où on parle du livre de Benoit http://blog.lefigaro.fr/climat/2010/03/-cest-lautre-auteur-sceptique.html#more mais voila que Mrs Jouzel dit des choses dont il faut le faire :

     » Un des arguments avancés pour discréditer la responsabilité des gaz à effet de serre est l’idée que le réchauffement a précédé l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère ?

    C’est d’autant plus vrai que ce sont des travaux de Nicolas Caillon auxquels j’ai été associé qui l’ont démontré. MAIS ON N’A JAMAIS DIT QUE LE CO2 ETAIT A L’ORIGINE DU RECHAUFFEMENT ? Ce que l’on dit c’est qu’une fois qu’il a commencé à augmenter en Antarctique et dans l’océan austral, il a très largement participé aux grandes déglaciations qui se produisent des milliers d’années plus tard dans l’hémisphère nord.  »

    Comme vous pouvez voir en mars 2010 il aurait dit QU’IL N’A JAMAIS DIT QUE LE CO2 ETAIT A L’ORIGINE DU RECHAUFFEMENT alors qu’on nous repette tout le temps cela ! !

    Faut le faire et a c’est a se poser des questions a force ! !

    Williams

  16. Laurent Berthod Says:

    Dans la phrase au début de l’article : « (voir ici, ici, ici et ici (dans l’ordre) pour l’historique complet de la question). » il y a apparemment trois liens sur les quatre qui ne fonctionnent pas.

    Cordialement.

  17. Argus Says:

    Hervé Kempf en science =00
    Véronique Maurus en science =000

    C’est quand même une affaire scientifique.
    Pourquoi discuter avec ces gens-là ?
    Pour qu’ils soient pertinents sur ce sujet, il faudrait des journalistes d’investigation comme l’étaient Charles Muller ou Pierre Kohler avec une vraie formation scientifique.
    Vous en voyez au Monde, vous ?
    Non ?
    C’est pour ça que le Monde coule irrémédiablement: Manque de compétences.
    Lors de leur dernier congrès, ces « journalistes », au lieu de tenter un minimum d’autocritique face à la chute de leur ventes, n’ont rien trouvé de mieux que de conclure qu’il fallait vendre les journaux dans les commerces comme les boulangeries… tout en récupérant les subsides de l’état.

    Nous changeons de paradigme. Autrefois, on aurait regretté la disparition de ces quotidiens. De nos jours, je n’en suis pas sûr.
    Sont-ils vraiment encore le rempart de la démocratie ? Je me le demande.

  18. Benoît Rittaud Says:

    @ Laurent : c’est corrigé. Merci.

  19. ROBERT, Philippe Says:

    Le talent et l’honnêteté intellectuelle de Benoît RIFFAUT ne sont plus à démontrer. Je suis heureux de le compter parmi les esprits libres qui nous permettent enfin d’espérer en des lendemains meilleurs en France !

  20. Laurent Berthod Says:

    Il arrivait au prédecesseur de Véronique Maurus (Robert Solé ?) de donner tort au journal, avec un doigté diplomatique qui frisait assez le jésuitisme, mais enfin, en lisant entre les lignes… A ce jour je n’ai lu aucune « condamnation » du journal sous la plume de Véronique Maurus. Elle ne devrait pas porter le titre de médiateur mais d’avocat (de la défense, pas de la partie civile !) Il est fort possible que, disant cela je me trompe, car je n’ai pas lu beaucoup de ses chroniques, tellement leur style, non plus jésuitique, mais carrément hypocrite, m’énerve !

    En tout état de cause, un poste de médiateur dans un journal honnête n’a pas lieu d’exister. S’il en existe un concernant les rapports des citoyens avec l’Administration, c’est qu’on connait les sommets de mauvaise foi dont celle-ci est capable.

  21. Cultilandes Says:

    Les médiateurs de journaux, généralement, reconnaissent plus aisément les fautes d’orthographes que les erreurs ou fautes de fond!

  22. Antonio San Says:

    La lettre ouverte aux journalistes de Jancovichy commence par cette citation:
    « Savoir où est le bien et s’en détourner, il n’y a pas de pire lâcheté » – Confucius

    On imagine ce qu’il faut penser du fait que la lettre de Leroux 2002 ne figure pas sur son site…

  23. monmon Says:

    @ yvesdemars
    Bien vu!
    Pourquoi aucuns crédits sur l’eau et ses vapeurs?
    Sans doute parce qu’il n’y a pas de crédits pour ce qui n’est pas anthropique. Bravo la démarche scientifique!
    Il est vrai que ce n’est pas non plus catholique ni marxiste d’ailleurs ce qui lui enlève beaucoup d’intérêt même si c’est climatologiquement un des coeurs du problème!

    Rien non plus sur le CO2 lui même car c’est compliqué à mesurer et à expliquer……

    Quel est le rapport de force politique réel, voilà bien la question…. et la réponse.

  24. andqui Says:

    Quand on touche à leur écuelle, les chiens mordent!

  25. thierry_st_malo Says:

    Je viens d’acheter un petit bouquin très intéressant ( publicité gratuite, malheureusement 🙂 ) :
    « Petit dictionnaire des débats interdits »
    ( Jean Robin, Tatamis, 2010)
    Deux pris au hasard :
    – Le réchauffement climatique,
    – La critique des médias.

  26. Antonio San Says:

    En reponse au post de OLIVIER TALAGRAND Directeur de Recherche, Modelisateur au LMD, sur TV5 Climat:

    « Les modèles utilisés pour les prévisions climatologiques ne sont pas guidés par les observations, mais par les lois qui régissent l’évolution de tout système physique : les lois de la conservation de la masse, de l’énergie et de la quantité de mouvement, familières à tout étudiant en licence de physique. »

    Et cela devrait nous rassurer sur leur qualité ?
    Olivier Talagrand, Directeur de Recherche au LMD illustre parfaitement le mépris des praticiens de sciences dures envers l’approche naturaliste, et en particulier, montre comment l’application dogmatique conduit a des aberrations parfaitement logiques. Et voila, l’idée que se font les physiciens modélisateurs de la machine climat à travers un bilan radiatif supposé relègue l’observation au rang anecdotique.
    Cette arrogance est bien connue dans d’autres domaines où se présenter comme naturaliste fait ringard et l’application de modèles assure une impunité intellectuelle, seulement démentie lorsque le résultat escompté n’est pas au rendez-vous…
    C’est la le nœud du problème car si l’on peut et l’on doit essayer de modéliser, le modèle ne peut et ne doit se substituer a l’observation directe et la compréhension des phénomènes. Cela me rappelle un dessin de Gottlieb dans la Rubrique-a-brac qui montrait que les extra-terrestres étaient au fond comme nous : une tête, un torse, deux bras et deux jambes, dix doigts etc… dont certains 9 doigts sur une main et un doigt dans l’autre, ou bien plats comme des limandes !

    « Le développement de tels modèles, destinés d’abord à la prévision météorologique, a commencé, il y a maintenant plus de soixante ans, grâce aux premiers calculateurs électroniques. L’amélioration lente mais continue des modèles, ainsi que la disponibilité d’observations de plus en plus nombreuses et précises (ces observations ne servent pas à guider le modèle, mais simplement à définir le point de départ de la prévision, à partir duquel le modèle évolue suivant sa dynamique propre) contribuent à l’augmentation régulière de la qualité des prévisions météorologiques.
    À partir de la fin des années soixante, les mêmes modèles numériques, ‘intégrés’ sur des périodes de plus longues »

    Et pourtant, malgré la débauche de moyens, la prévision météo sur 7 jours est simplement aussi bonne qu’un pile ou face.
    Tout un chacun osant suggérer que l’absence de prévision solide à l’échelle des saisons n’inspire pas vraiment la confiance en des prévisions à l’orée 2100 se retrouve immanquablement taxé d’ignorance car les modèles climatiques sont bien évidemment différents…

    « Des approximations sont bien sûr nécessaires, ne serait-ce que pour les calculs puissent être menés à terme avant que leurs résultats ne soient devenus totalement obsolètes. »

    Cela veut dire en langage courant que le modèle diverge (en clair, part en couille). Loin de se poser la question du pourquoi et de rechercher dans les observations et leur conséquence naturelle, la compréhension des phénomènes réels, nos accros du terabyte préfèrent approximer…

    « Des approximations inévitables doivent aussi être faites, en particulier en ce qui concerne le rôle de la végétation, dans la description des échanges complexes d’eau et de quantité de mouvement entre l’atmosphère et les océans et continents sous-jacents »

    Alors là commence la litanie des raisons pour lesquelles les modèles sont en fait impropres à la consommation puisqu’ils ne reflètent pas la réalité mais l’idée que les modélisateurs s’en font.

    « À l’intérieur de ces incertitudes, les modèles numériques climatologiques ont largement été validés, directement et indirectement. Ils simulent pour l’essentiel les grandes variations passées du climat, sous l’effet en particulier des variations de la distribution spatiale de l’insolation. »

    Il ne manquerait plus que cela qu’après tout ils n’offrent aucune ressemblance avec ce qu’ils sont supposés étudier… et cela serait une victoire de la science?

    « Les expériences de simulation du climat effectuées par J. Hansen et S. Manabe à la fin des années 1960 et au début des années 1970 ont prévu une élévation de la température en réponse à l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre (un rapport de l’Académie des Sciences américaine dirigé par Jules Charney en fait état en 1979, donc bien avant que les premiers signes du réchauffement global ne soient détectés dans les observations). »

    Là Monsieur Talagrand se prend les pieds dans le tapis ! Donc 1979 se situe « bien avant que les observations détectent les premiers signes du réchauffement ». Et voilà, le réchauffement dit anthropique n’a vraiment commencé que 20 ans plus tard. Quelle coïncidence ! Et surtout quelle chance de savoir que l’optimum climatique moderne centré sur 1945 n’était donc pas du comme le GIEC l’annonçât d’abord au CO2 de la révolution industrielle : ouf ! De 150 ans à quelques dizaines d’années sur le vu d’une courbe globale elle-même hautement suspecte, réduits à une peau de chagrin, on peut dire que la course contre la montre est engagée puisqu’au fond il s’agit plus de météo que de climato au sens strict. Et c’est là bien sûr que tout peut basculer pour ces messieurs. On comprend aisément que les modèles se doivent encore plus de n’être pas guidés par les observations… Ce sont ces observations qui fâchent les habitants de la forêt de Sherwood si bien qu’ils ne répondent même pas après deux semaines à la simple question sur le réchauffement local de la péninsule antarctique…

    « Cette élévation a été observée 20 ans plus tard. »

    Ainsi, le réchauffement anthropique supposé ne concerne même pas la trentaine d’années nécessaire à la réflexion climatique.

    « Et, comme il est mentionné dans le dernier rapport du GIEC, les modèles ne peuvent expliquer l’élévation de température par aucun autre mécanisme (variation de l’activité solaire, éruptions volcaniques, …) que l’augmentation de l’effet de serre. Mais la meilleure preuve de la qualité physique de ces modèles est peut-être ce qu’ils produisent quand on les ‘transporte’ sur les autres planètes. »

    Ainsi les résultats des modèles en question ne peuvent s’expliquer que par l’élévation des GES, CQFD… raisonnement circulaire.
    Et pour enfoncer le clou, il est encore préférable d’aller sur des planètes où suivant la formule consacrée la main de l’homme n’a jamais mis le pied ! Non seulement ces messieurs ne sont pas intéressés par le fait que des observations directes de la Terre guident leur modèles mais il faut valider les modèles là où les observations directes sont par définition beaucoup moins précises, ce qui explique aisément l’accord moyen des modèles sur la complexe Venus… Heureusement, avec Mars ça repart !

    « Une telle opération est dans son principe facile à effectuer. Il suffit de changer les valeurs numériques des paramètres pertinents : insolation, rayon et vitesse de rotation de la planète, masse molaire et propriétés radiatives du gaz atmosphérique, » ….

    « Les modèles, ainsi adaptés, par exemple, aux atmosphères de Mars et Vénus, y produisent une structure thermique et un régime de circulation en très bon accord avec les observations (dans le cas de Mars, l’accord n’est rien moins qu’excellent). Ces deux atmosphères sont pour l’essentiel constituées de gaz carbonique, et l ‘effet de serre qu’y simulent les modèles est conforme à ce qu’on observe. Un tel accord serait bien peu plausible si, comme le suggère Henri Atlan, la qualité des modèles n’était dûe qu’à un ajustement ad hoc aux observations terrestres. »

    Donc sur Mars, en atmosphère quasi CO2, sans océan, sans végétation, un modèle radiatif est en « excellent » accord. Heureusement a-t’on envie d’ajouter puisque c’est le principe même du modèle en question et que les conditions aux limites sont par nature Martienne simplifiées! Ah que si seulement nous étions des petits hommes verts chanterait Johnny…

    « Leur qualité physique est établie et le degré de confiance qu’on peut leur accorder a été démontré, à l’intérieur de limitations clairement identifiées. »

    Eh oui, sur Mars ça gaze alors c’est bien que notre application des lois de la physique est correcte. CQFD. Pire les modélisateurs du climat sont visiblement les détenteurs de la « vérité modélique » car tout autre scientifique utilisant des modèles depuis des lustres ne peut bien sûr pas comprendre ce qui se fait en sciences du climat…
    Le recours de plus en plus fréquent à la mantra castratrice « du respect des lois de la physique » cache en fait une méconnaissance crasse de l’objet d’étude : la planète Terre et son atmosphère. Que l’on modélise les trajectoires de la matière au sein du noyau terrestre, c’est bien normal car personne encore ne pourra s’y aventurer. Mais que l’on s’affranchisse à ce point du lien naturaliste en matière de climatologie relève d’un choix délibéré de pratiquer une science partielle et partiale, qui se démasque enfin surtout depuis la pétition des 400.
    Mr Talagrand vit et travaille sur une planète imaginaire qu’il semble bien connaître. Pourtant, il lui suffirait de lever le nez pour s’apercevoir que la Terre n’est pas cette planète et les découvertes à venir, pour peu que les chercheurs qui les ont faites et les feront ne soient pas éliminés le prouveront. Vu le climat délétère en France, où la « climato-censure » est devenue une discipline de plus à ajouter au crédit des sciences du climat composant le GIEC, ces découvertes viendront en toute probabilité de l’étranger. Une fois de plus…

    Un candide Scientifique.

  27. yvesdemars Says:

    surtout que sur Mars la température a récemment augmenté de 0,5°C sans doute la faute aux émissions de GES de Martiens !!!

  28. plombier Says:

    Un mathématicien dénonce le «carbocentrisme»

    Benoît Rittaud met en garde contre l’émergence de la «climatomancie»

    http://www.lefigaro.fr/environnement/2010/03/18/01029-20100318ARTFIG00854-un-mathematicien-denonce-le-carbocentrisme-.php

  29. scaletrans Says:

    Antonio San

    Félicitations pour votre excellente critique, pleine de pertinence. Ces messieurs continueront donc d’ignorer l’éléphant dans le couloir, d’ailleurs, ils ne vont même pas dans le couloir, collés à leur clavier, leurs algorithmes tirés de leurs cerveaux enfiévrés. Ce sont des princes des nuées, ils ne redescendront jamais sur terre.

    Signé Bérurier 🙂

  30. dominique garabiol Says:

    La modelisation produit une illustration des conséquences d’une théorie. Elle ne prouve rien sur la véracité de cette théorie. S’il en était autrement, la crise financière de 2007-08 ne serait jamais arrivée ! Le parallèlisme de l’utilisation de la modélisation en finance et en climatologie est frappante. Le recours abusif à la modélisation est sans doute lié à sa facilité d’utilisation (on obient toujours des résultats) et à la faiblesse du substrat scientifique du domaine en cause.
    Nonobstant, ce n’est pas parce qu’une démontration est fausse que sa conclusion l’est, Eddington en sait quelque chose…

  31. Véronique Anger-de Friberg Says:

    … et lorsqu’un Jancovici, cité sans sourciller par la « médiatrice », il y a de quoi s’inquiéter en effet : « Un média est-il dans son bon droit quand il donne de l’espace à Allègre, Gallam ou Courtillot (…) parce que toutes les opinions ont droit au chapitre ? ». » Consternant.
    Hier, c’est l’adjoint de Hulot qui veut faire interdire d’expression dans les médias C. Allègre et dans Le Monde d’hier matin, Hulot et Bourg (qui seraient donc plus « légitimes » que les scientifiques-sceptiques pour parler du climat…) tentent un amalgame entre sceptiques et créationnistes et sceptiques et anti-écolos réacs… Décidément, il reste encore du travail à faire pour parvenir à un débat « serein » ! Bon courage.
    PS : Le jour même de la publication de l’article scandaleux de Kempf, je publiais une chronique (en ligne mon blog, Agoravox, Le Post, Facebook, et d’autres sites « amis ») « Quand Le Monde ne tourne plus rond… » : http://veroniqueanger.blogspot.com/2010/02/mein-kempf-ou-quand-le-monde-ne-tourne.html si cela intéresse vos lecteurs.

  32. jmppf Says:

    Pour vous distraire.
    Prenez deux grandeurs x et y et six paramètres a b c d e f.
    Liez les deux grandeurs par les deux équations:
    x n+1= axn + byn + c
    y n+1= dxn + eyn + f (lire n et n+1 comme des indices)
    Vous pouvez traiter ça sur un ordinateur portable, avec un tableur.
    On peut produire de jolis dessins, des fractales, après quelques centaines d’itérations.
    Je remarque:
    1 En jouant seulement sur un paramètre, et faiblement, j’obtiens des courbes convergentes, divergentes ou bien des points qui sautent sur une courbe fermée..
    2 Quand je lance un calcul, je n’ai aucune idée de ce que je vais obtenir.
    3 Si je me trompe dans la saisie d’un paramètre quand je regarde le résulat rien ne me fait penser que j’aie pu me tromper.

    Aussi je m’interroge: Pour tenter de calculer les températures que nous aurons dans cent ans, je suppose qu’on traite
    beaucoup plus de grandeurs,
    beaucoup plus de paramètres,
    beaucoup plus d’équations et bien plus compliquées
    et que l’on fait beaucoup plus d’itérations que je ne fais.
    Bien sûr la machine annonce un résulat mais vaut-il mieux que celui qu’on obtiendrait en observant le vol des oiseaux ?

  33. araucan Says:

    @jmppf

    Et pourtant la physique, euh les mathématiques, sont solides ! 😉

    (Sur le nombre d’itérations sur le climat, c’est une par heure sur 100 ans cf le débat à l’académie des sciences …
    Les modèles météo divergent au bout de 3 à 5 jours mais la climatologie nous explique, même si elle prend des modèles qui sont à la base des modèles météo, qu’en moyenne, cela donne la tendance … mais en fait tout dépend de la divergence ou de la convergence combinées des différentes équations du modèle, sans compter les variations des paramètres eux-mêmes (aérosols par exemple)

  34. Tony B Says:

    Le Monde se croit encore une institution en soi, développant sa politique dans tous les domaines. Kempf y dirige l’équivalent d’un Ministère du Développement durable et de la Suppression du Capitalisme. Il ne revient pas au Médiateur de censurer un Ministre…
    Ce vieux journal n’a heureusement plus les moyens de « fixer la ligne », laquelle, autrefois, s’imposait dans les ministères et les administrations. Ce monument ne témoigne plus que d’une histoire ancienne. Et ce sont les gens comme Kempf qui achèvent de le décrédibiliser.

  35. Laurent Berthod Says:

    En somme, comme on dit en géologie, c’est une butte-témoin.

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